Vérités d’artistes : Guillaume GBEKOU, ce que tout le monde devrait savoir sur l’artiste

Guillaume GBEKOU est un artiste talentueux ayant choisi le théâtre engagé. Il se résume en cela avec un parcours qui vous laisse des frissons. À travers ses mises en scène théâtrales, il suscite en les consciences l’éveil dévoilant ainsi le monde réel. Ce monde qui nous échappe, que nous refusons de voir « sous la baguette magique de l’art » comme l’aurait dit Victor Hugo.

Guillaume poursuit un master professionnel, théâtre éducation à l’université de Lomé. Il est comédien et metteur en scène, directeur de la compagnie culturelle « Je Dois Réussir » avec laquelle il fait les tournées théâtrales nationales et internationales depuis près de six(6) ans. Ce jeune artiste très prometteur nous vient de la préfecture de vo, des entrailles d’Akoumapé, au sud du Togo. 

À quand remonte votre amour pour la scène, pourquoi avoir choisi en faire un métier ?

L‘art a eu possession de moi depuis mon jeune âge. Déjà à 4 ans, j’ai commencé avec la cantate dans la préfecture de Yôto avant de rejoindre en 2002 la section théâtre du groupe ADST (une association qui rassemble les jeunes d’Attiégou ayant l’amour pour la danse, le slam et le théâtre) 

Cet amour pour l’art m’a valu la création de ma compagnie culturelle, en 2016, dénommée JDR (Je Dois Réussir). Je n’ai pas choisi la pratique de l’art de la scène comme métier, c’est lui qui m’a pris en otage puisqu’il a trouvé en moi la volonté d’être son esclave afin de parler à la place des sans voix.

Pourquoi le théâtre engagé ?

Je m’intéresse plus à mon continent, l’Afrique. Le théâtre étant le seul lieu où je peux déverser librement ma colère. Comme je l’avais dit lors de ma dernière représentation à l’espace culturel la case des daltons :  » j’ai à dire, mais je ne pourrai le dire dans la rue, la scène est le seul lieu où je me sens libre de parler ». 

D’autres diront que Guillaume fait du théâtre politique, mais je préfère le thème théâtre engagé, mon objectif étant de corriger les vices avec le théâtre. Ma création sur l’esclavage faisait ressortir cette autre forme d’esclavage aujourd’hui que nous ignorons et ma mission justement, c’est de mettre la lumière sur les faces cachées des choses. 

Vous avez un style particulier d’écriture, avez vous des inspirants (mentor, idole)? 

La seule chose qui m’inspire, ce sont bien les problèmes de la société. Je n’ai pas l’intention de copier le style de qui que ce soit, j’aime être différent. Il est vrai, je suis les autres auteurs, les aînés, je les lis, mais pas pour copier leur style, plutôt voir leurs manières de faire et apporter ma propre touche. 

N’est ce pas d’ailleurs vrai que c’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle ? J’écris en pensant au monde qui m’entoure, que dois-je leur proposer pour allumer leurs lanternes.

Pouvez vous nous dire plus sur vos projets (présent et futur) ?

En ce qui concerne mes projets actuels et futurs, je pense maximiser la diffusion de ma création portant le titre : « la traite négrière ou la traite des mémoires ». Je juge que c’est un devoir envers la jeunesse africaine enfin qu’elle se réveille pour l’indépendance totale de notre cher continent. Je travaille aussi sur un projet intitulé « je me raconte », qui va s’étendre sur trois mois. 

Un mois pour l’écriture où tous ceux qui auront l’envie de faire connaître leurs histoires au grand public, seront en face des auteurs pour la leur raconter. Un mois de création au cours duquel nous allons mettre chaque histoire sur scène et un mois de diffusion dans les centres culturels du Togo et d’ailleurs.

Qu’est-ce qui est plus important dans la mise en scène d’une pièce de théâtre ? 

Tout est important dans la mise en scène d’une pièce de théâtre, la lumière, la musique le décor… Tout ce qu’il faut pour donner vie à l’histoire racontée. Cependant, le plus important selon moi, c’est d’avoir les comédiens qu’il faut et en secondo la scène.

Votre plus pire souvenir dans votre parcours. Qu’est-ce qui reste votre force ?

Je me souviens toujours de ce jour où une metteuse en scène m’a dit : « Guillaume, tu n’es pas un bon metteur en scène ». Je m’étais senti ridiculisé dans les locaux du centre culturel hakuna Matata, j’avais eu l’envie d’abandonner et me concentrer sur mes études (la comptabilité) mais je me suis rendu compte qu’ abandonner lui donnera raison. Il fallait plutôt que je me mette au travail. Il fallait plutôt que je me mette au travail. Deux ans après, on s’est rencontré de nouveau sur le festival FESCOTH encore à Hakuna Matata. 

À la fin, mon spectacle a été primée meilleure création du festival, elle m’avait approché et cette fois, c’était des félicitations. J’avais compris que seul le travail et la curiosité de mieux faire peut nous rendre incontournables. Je puise toujours ma force dans le vouloir mieux faire, je suis un éternel insatisfait. 

« J’ai choisi le théâtre », pourquoi cette devise ? 

J’ai choisi le théâtre. Cette petite phrase me rappelle beaucoup de choses. Arrivé à un moment dans mon parcours, ce n’était pas facile. Je ne savais plus où mettre ma tête ; aucun membre de la famille ne me soutenait. Je ne savais plus où mettre ma tête ; Et une petite amie qui me demandait de choisir entre le théâtre et elle, la première phrase sortie de ma bouche, c’était : « j‘ai choisi le théâtre », ce qui avait coûté notre rupture. C’est dans le même sens, j’ai écrit dans mon destin « l’art est pour moi, la comptabilité pour mes parents ». Effectivement je l’ai choisi et rien ne pourra plus m’arrêter.

Un conseil ?

Ne vous laissez jamais déstabiliser par les propos des gens, ce que tu veux être, lances-toi et donnes toutes tes capacités pour l’être et tu le seras.

KAO pour Gnatepe

Ne vous laissez jamais déstabiliser par les propos des gens, ce que tu veux être lances toi et donnes toutes tes capacités pour l’être et tu le seras Guillaume GBEKOU

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1 commentaire

  1. ADANDJEHOUN a dit :

    Merci Guillaume GBEKOU pour tes mots. Tu seras un mentor pour jeunes .

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