Aliko Dangote : « une grave erreur a été commise… » ; Le milliardaire critique la gestion du secteur pétrolier nigérian

Le président-directeur général du Dangote Group, Aliko Dangote, a déclaré que les quatre raffineries appartenant à la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) Limited ne trouveraient aucun acheteur, même si elles étaient mises en vente. Selon lui, cette situation est principalement due à des défaillances réglementaires et à un environnement d’investissement peu attractif dans le secteur pétrolier nigérian.

Une erreur stratégique sous l’administration Buhari

S’exprimant lors d’un briefing tenu dimanche à Lagos, Dangote a attribué la crise actuelle du secteur pétrolier en aval à une mauvaise gestion réglementaire sous l’ancienne administration du président Muhammadu Buhari.

« Pendant la dernière administration du président Muhammadu Buhari, une grave erreur a été commise en nommant un trader comme régulateur. Un trader ne peut jamais être un régulateur. C’était une incompatibilité totale », a-t-il affirmé.

Selon l’homme d’affaires, cette décision a profondément nui à la crédibilité du système de régulation et a freiné l’intérêt des investisseurs, aussi bien locaux qu’internationaux.

Un environnement hostile aux investissements

Aliko Dangote estime que ce déséquilibre entre régulation et intérêts commerciaux a créé un climat défavorable à l’investissement dans le raffinage du pétrole au Nigeria.

« La crise que nous traversons aujourd’hui est directement liée à cette situation. Ce qui me fait le plus mal, c’est que le pays en paie le prix fort », a-t-il déclaré.

Il a également averti que les conditions actuelles rendent tout investissement dans les raffineries extrêmement risqué.

« Personne ne viendra investir dans un tel environnement. Même si la NNPC décidait aujourd’hui de vendre ses raffineries, il n’y aurait aucun acheteur. Le cadre n’est tout simplement pas propice à un investissement durable », a-t-il ajouté.

Des raffineries publiques en difficulté chronique

Les raffineries publiques du Nigeria, situées à Port Harcourt, Warri et Kaduna, disposent d’une capacité combinée d’environ 445 000 barils par jour. Malgré des financements répétés destinés à des travaux de maintenance et de réhabilitation, ces infrastructures souffrent depuis des années d’une sous-performance chronique.

Cette situation contraint le pays à dépendre massivement des importations de carburant, ce qui pèse lourdement sur l’économie nationale et les finances publiques.

Un appel à une réforme profonde du cadre réglementaire

À travers ses déclarations, Aliko Dangote appelle implicitement à une réforme profonde du cadre réglementaire du secteur pétrolier nigérian, afin de restaurer la confiance des investisseurs et de relancer la production locale de carburant.

Sans une amélioration significative de l’environnement des affaires, prévient-il, le Nigeria risque de continuer à payer un lourd tribut économique malgré son immense potentiel énergétique.


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