Le chantage à la vidéo intime continue de faire des victimes au Sénégal. Le 23 décembre, vers 20 heures, la vie de F. K., une jeune femme mariée, bascule brutalement après la réception d’un message glaçant sur WhatsApp. Depuis un numéro inconnu, elle reçoit une vidéo intime la montrant en pleins ébats avec son époux, filmée dans leur chambre conjugale.
Une vidéo intime envoyée depuis un numéro inconnu
Selon les révélations du quotidien L’Observateur, l’expéditeur ne se contente pas d’envoyer la vidéo. Il appelle aussitôt la victime et lui adresse des menaces explicites :
une rencontre intime imposée,
une importante somme d’argent à verser,
sous peine de diffusion massive des images sur les réseaux sociaux.
Sous le choc mais faisant preuve d’un sang-froid remarquable, la victime décide de saisir immédiatement la police.
Une stratégie policière au commissariat du Point E
Alerté, le commissariat de Point E, sous la direction du commissaire Sow, met en place une stratégie de piège. Les policiers conseillent à la victime de « jouer le jeu » afin d’identifier l’auteur du chantage.
Un rendez-vous contrôlé est fixé pour le 25 décembre au rond-point Mame Abdou Aziz. Des policiers en civil sont déployés sur les lieux.
Arrestation du maître chanteur en flagrant délit
Le suspect, identifié comme J. F. Gomis, étudiant domicilié à Wakhinane-Nimzatt, est interpellé dès son arrivée au point de rendez-vous, sous la surveillance discrète des enquêteurs.
Confronté aux questions des policiers, l’étudiant craque rapidement et révèle le cerveau présumé du chantage.
Une trahison familiale : la cousine derrière le complot
À la surprise générale, le suspect désigne Y. S. Diallo, alias « Mami », 19 ans, couturière domiciliée à Petit Mbao. Plus troublant encore, il s’agit de la cousine germaine de la victime.
Interpellée à son tour, la jeune femme passe aux aveux complets. Elle explique avoir profité d’une visite familiale pour voler les vidéos intimes directement dans le téléphone de sa cousine.
« Elle m’a montré des vidéos intimes avec son mari. Lorsqu’elle s’est absentée, j’ai accédé à sa galerie et transféré les fichiers sur mon téléphone », reconnaît-elle.
Des vidéos dissimulées et un chantage organisé
Après le vol, la cousine aurait classé méthodiquement une dizaine de vidéos compromettantes dans des dossiers intitulés « Masqués » et « Supprimés récemment », afin de dissimuler les preuves.
Elle aurait ensuite confié à l’étudiant la mission de mener le chantage, selon les informations du Groupe futurs médias (GFM).
L’exploitation technique des téléphones par les enquêteurs a confirmé l’existence et la manipulation des fichiers incriminés.
Déferrement devant le procureur
À l’issue de l’enquête, les deux suspects ont été déférés ce lundi devant le procureur. Ils sont poursuivis pour :
association de malfaiteurs,
chantage,
atteinte à la vie privée.
Cette affaire relance le débat sur la sécurité des données personnelles, les violences numériques et les dangers du chantage à la sextape, un phénomène en forte recrudescence au Sénégal.
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