Côte d’Ivoire : 7 ans de prison requis contre Apoutchou National ?

Ce mardi 24 mars 2026, le parquet du Pôle Pénal Économique et Financier (PPEF) d’Abidjan a requis 7 ans de prison ferme et une amende de 240 millions de FCFA contre l’influenceur ivoirien Apoutchou National (de son vrai nom Stéphane Agbré) et plusieurs de ses co-prévenus, dont Lionnel PCS.

Ces lourdes réquisitions marquent une étape décisive dans l’affaire de blanchiment de capitaux et d’infractions financières qui secoue le milieu des influenceurs depuis novembre 2024.

Origine de l’affaire : une vidéo virale aux liasses de billets

Tout commence en novembre 2024 lorsqu’Apoutchou National poste sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle il exhibe un sac Louis Vuitton rempli de liasses de billets de banque. La séquence devient rapidement virale et attire l’attention de la police économique et financière. L’influenceur et quatre autres personnes sont interpellés et déférés au PPEF pour blanchiment de capitaux, infraction aux relations financières extérieures, prise illicite de paris en ligne et transferts illégaux.

Après plusieurs mois de détention provisoire à la MACA, Apoutchou National est libéré le 27 février 2025 sous contrôle judiciaire. Le procès s’ouvre finalement en 2026 devant le tribunal du PPEF.

Réquisitions sévères du parquet

Lors de l’audience du 24 mars 2026, le ministère public, présent en force (procureur de la République et plusieurs substituts), a « sorti la grande artillerie ». Selon le journaliste Fernand Dedeh, trois membres du parquet ont porté les charges :

  • 7 ans de prison ferme contre trois prévenus, dont Apoutchou National et Lionnel PCS ;
  • Amende solidaire de 240 millions de FCFA ;
  • Pour un opérateur économique (vendeur de voitures) impliqué : 36 mois de prison ferme et 240 millions d’amende, plus 480 millions contre sa société ;
  • L’État ivoirien et la LONACI se sont constitués parties civiles et réclament respectivement 2 milliards et 1 milliard de FCFA de dommages et intérêts.

Ces réquisitions interviennent dans un contexte où la Côte d’Ivoire, sortie de la liste grise du GAFI, veut montrer sa fermeté face au blanchiment et aux jeux d’argent illégaux sur internet, pratiques souvent popularisées par les influenceurs.

Réactions et défense

La nouvelle a immédiatement enflammé les réseaux sociaux ivoiriens. Certains internautes y voient une sanction exemplaire nécessaire pour décourager l’exhibition de richesses d’origine douteuse. D’autres expriment leur soutien à Apoutchou, rappelant qu’il s’agit seulement de réquisitions et non d’une condamnation définitive. Le juge reste seul maître de la décision ; les plaidoiries de la défense se poursuivent, avec une audience prévue pour le 25 mars 2026 dans certains comptes-rendus.

Apoutchou National, connu pour son style provocateur et ses contenus festifs, avait déjà fait parler de lui par le passé. Cette affaire illustre les risques auxquels s’exposent les influenceurs qui affichent un train de vie luxueux sans justifier clairement l’origine des fonds.

Quelles suites ?

Le tribunal n’a pas encore rendu son verdict. Si le juge suit les réquisitions du parquet, Apoutchou National risque une peine lourde qui pourrait l’envoyer directement en prison. En attendant, l’affaire continue de faire débat : où s’arrête la liberté d’expression sur les réseaux et où commence la promotion indirecte d’activités illicites ?

L’histoire d’Apoutchou National rappelle que, en Côte d’Ivoire comme ailleurs en Afrique, les autorités durcissent leur lutte contre le blanchiment, même lorsqu’il s’agit de personnalités publiques du showbiz.

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Gnatepe

Rédacteur en Chef du site web d'actualité gnatepe.com. rédacteur web, Web designer et Expert en communication digital, je partage les informations les plus utiles du quotidien.

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