Au Gabon, le milieu scolaire est à nouveau secoué par une affaire gravissime de harcèlement sexuel et d’abus sur mineurs. Un professeur d’un établissement secondaire a été placé en détention provisoire après avoir été accusé d’avoir entretenu des relations sexuelles avec quatre de ses élèves mineures, en échange de meilleures notes, rapporte la chaîne d’information Gabon 24.
Des relations prohibées sur deux années scolaires
Selon les premiers éléments de l’enquête, les faits se seraient déroulés entre 2023 et 2025. Interpellé par la police judiciaire, l’enseignant aurait reconnu avoir eu des relations sexuelles avec ces quatre apprenantes, toutes mineures au moment des faits.
Il affirme cependant avoir « cédé aux avances » des élèves, qui auraient elles-mêmes proposé cet « échange » : des rapports sexuels contre une amélioration notable de leurs résultats scolaires. Une justification qui ne change rien à la gravité des faits : l’abus de position d’autorité et l’exploitation de mineures restent constitutifs d’infractions pénales très lourdes au Gabon.
Résultat concret de ces pratiques : les moyennes des quatre élèves dans la matière enseignée par ce professeur seraient passées de 8/20 à 10/20 environ, selon les informations relayées par Gabon 24.
« Les moyennes sexuellement transmissibles » (MST) : un fléau ancien dans le système éducatif gabonais
Cette affaire remet cruellement sur le devant de la scène le phénomène tristement célèbre au Gabon sous le nom de « Moyennes Sexuellement Transmissibles » (MST). Cette expression, utilisée depuis de nombreuses années par les élèves, désigne le harcèlement sexuel exercé par certains enseignants qui conditionnent les bonnes notes, les passages de classe ou les validations d’examens à des faveurs sexuelles.
Le phénomène touche aussi bien les lycées que les universités (notamment l’Université Omar Bongo à Libreville). Il est régulièrement dénoncé dans les médias gabonais et internationaux depuis plus de 15 ans, sans que des mesures structurelles fortes ne soient véritablement mises en place.
Cette pratique destructrice révèle :
- Une défaillance de l’autorité et du contrôle dans certains établissements
- Une culture du silence et de l’impunité trop longtemps tolérée
- Une vulnérabilité accrue des jeunes filles dans un système où la pression scolaire est très forte
Une enquête ouverte pour évaluer l’ampleur du scandale
La justice gabonaise a ouvert une enquête approfondie. Celle-ci devra notamment déterminer :
- Si d’autres élèves ont été victimes de ce professeur
- Si d’autres enseignants du même établissement sont impliqués
- Dans quelle mesure une pression ou un climat général a pu favoriser ces agissements
L’enseignant, père de trois filles, aurait exprimé des regrets lors de son interrogatoire, déclarant qu’il serait « profondément choqué » si une telle situation arrivait à ses propres enfants.
Protéger les élèves : une urgence nationale
Cette affaire constitue un véritable électrochoc pour le système éducatif gabonais. Elle rappelle l’urgence absolue de :
- Mettre en place des cellules d’écoute confidentielles dans tous les établissements
- Renforcer la formation des enseignants sur l’éthique professionnelle et les infractions sexuelles
- Appliquer rigoureusement la loi gabonaise sur le harcèlement sexuel par personne en position hiérarchique
- Sensibiliser massivement parents, élèves et personnel éducatif
- Sanctionner systématiquement et publiquement les auteurs de ces actes
Le Gabon ne peut plus fermer les yeux sur les « MST » et sur l’exploitation sexuelle des mineures en milieu scolaire. La protection des apprenants doit devenir une priorité absolue, au même titre que la qualité de l’enseignement.
Les autorités ont désormais la lourde responsabilité de faire toute la lumière sur cette affaire et de poser des actes forts pour que plus jamais une élève ne soit contrainte de « payer » de son corps une note ou un passage de classe.
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