La tension est montée d’un cran à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. Depuis plusieurs jours, les étudiants ont déclenché un mouvement de grève pour protester contre la réforme en cours du système national de bourses d’études, mais aussi contre la fermeture des restaurants universitaires du Camp social, une situation qui complique davantage leur quotidien déjà marqué par la précarité.
Au centre des revendications figure la révision du dispositif de bourses engagée par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI). Début février, un atelier a été organisé afin de revoir le cadre légal encadrant l’attribution des bourses, notamment le décret de 2014. Les autorités expliquent vouloir adapter le système aux réalités actuelles, renforcer la transparence et mieux aligner le paiement des allocations sur le calendrier académique.
Toutefois, l’annonce de changements dans les modalités de versement a provoqué une vive réaction chez les étudiants. La suppression envisagée des rappels de bourses, versés en cas de retard de paiement, est perçue comme une menace directe pour de nombreux boursiers. Selon eux, ces rappels constituent souvent une compensation indispensable face aux retards fréquents et leur disparition risquerait d’aggraver leurs difficultés financières.
À cette contestation s’ajoute la fermeture des restaurants universitaires du Camp social, qui prive de nombreux étudiants d’un accès régulier à des repas subventionnés. Pour beaucoup, ces structures représentent un soutien vital dans un contexte de hausse du coût de la vie. Leur fermeture alimente un profond sentiment d’abandon et renforce la mobilisation sur le campus.
La Fédération nationale des étudiants du Sénégal (FNES) dénonce une dégradation continue des conditions sociales des étudiants et appelle les autorités à prendre des mesures urgentes. De son côté, le ministère assure que la réforme n’a pas pour objectif de réduire les droits des étudiants et se dit disposé à engager le dialogue afin de trouver des solutions consensuelles.
En attendant, la grève se poursuit à l’UCAD, laissant planer l’incertitude sur la suite de l’année universitaire si aucun compromis n’est rapidement trouvé.
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