Une scène d’une violence rare a profondément marqué la ville de Labé ce week-end. Sept jeunes filles, toutes identifiées comme des élèves du secondaire, ont été interpellées après l’agression brutale d’une de leurs camarades. La vidéo du lynchage, massivement relayée sur les réseaux sociaux, a suscité une vague d’indignation au sein de la population.
Selon des informations officielles recueillies par Guineenews, les mises en cause ont passé leur première nuit à la maison centrale de Labé, en attendant les suites judiciaires.
Une accusation de calomnie à l’origine du drame
D’après les premiers éléments, tout serait parti d’une accusation de calomnie jugée « banale ». Sous ce prétexte, sept adolescentes, vêtues de leur tenue scolaire kaki, se sont violemment attaquées à leur camarade.
Les faits se sont déroulés en deux phases. La première agression a eu lieu dans le secteur de Tata, précisément dans la forêt de sapins. Alertés par la scène, des conducteurs de taxi-moto sont intervenus et ont réussi à soustraire la victime des mains de ses agresseuses.
Mais l’intervention n’a pas suffi à calmer la fureur des jeunes filles.
Une poursuite jusque dans la chambre familiale
Déterminées à en découdre, les assaillantes ont poursuivi la victime jusqu’à son domicile. Elles ont pénétré dans sa chambre familiale pour continuer à la frapper violemment, sous les cris et la stupeur des proches.
La scène, filmée et largement diffusée en ligne, a rapidement déclenché l’indignation générale. Les images ont choqué l’opinion publique et suscité de nombreuses réactions appelant à des sanctions exemplaires.
Les autorités réagissent rapidement
Alertée par la circulation des vidéos, Kadiatou Baillo Soumano, inspectrice régionale de la protection de la femme, de la famille et des affaires sociales, a immédiatement pris le dossier en main.
« Ces images nous ont profondément choqués. Les amies ne se comportent pas ainsi. C’est une situation qui doit alerter tout le monde », a-t-elle déclaré avec émotion.
Une collaboration étroite entre les services sociaux et la Brigade de Recherche a permis d’identifier et d’interpeller les sept suspectes dès le vendredi soir.
Réunion de crise et prise en charge de la victime
Une réunion de crise s’est tenue à la Direction Préfectorale de l’Éducation (DPE), en présence de la victime et de ses parents. À l’issue de cette rencontre, la jeune fille a été conduite à l’hôpital régional de Labé pour y recevoir des soins appropriés.
Selon les autorités sanitaires, son état de santé est stable ce matin.
Six jeunes filles écrouées, une mineure non détenue
D’après les informations judiciaires, six des sept filles impliquées, considérées comme majeures, ont été déférées à la maison centrale de Labé où elles ont passé leur première nuit en détention.
La septième, en raison de sa minorité, n’a pas été écrouée.
« Les six majeures attendent désormais leur jugement devant le tribunal de première instance de Labé », a précisé l’inspectrice régionale de la protection de la femme, de la famille et des affaires sociales.
Un débat relancé sur la violence en milieu scolaire
Alors que la mère de la victime réclame fermement que justice soit rendue, cette affaire relance le débat sur la montée de la violence en milieu scolaire en Guinée. Elle pose également la question cruciale de l’usage des réseaux sociaux chez les jeunes, notamment la banalisation et la diffusion d’actes violents à des fins d’exposition publique.
Ce fait divers tragique rappelle l’urgence de renforcer la sensibilisation, l’encadrement des élèves et l’éducation aux valeurs de respect et de tolérance au sein des établissements scolaires.
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