Le colonel Claude Pivi, figure controversée de l’ancienne junte militaire et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contre l’humanité dans le cadre du massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, est décédé ce lundi 6 janvier 2026 à l’hôpital militaire Camp Almamy Samory Touré.
Selon le communiqué officiel publié par le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry, signé par le Procureur général Fallou Doumbouya, le colonel Pivi, incarcéré depuis son arrestation le 17 septembre 2024 au Liberia et son extradition subséquente, a été interpellé le 19 septembre 2024 après son évasion spectaculaire de novembre 2023.
Le document précise que le détenu souffrait de plusieurs pathologies chroniques : diabète, hypertension artérielle et goutte (affection articulaire). Il bénéficiait d’un suivi médical régulier durant sa détention à la maison centrale de Coyah.
Le drame s’est produit le 4 janvier 2026 : une hypoglycémie sévère sévère, liée à la non-observance du traitement médical, a nécessité une évacuation d’urgence vers l’hôpital militaire. Malgré deux jours de soins intensifs, le colonel Pivi est décédé ce 6 janvier dans un tableau de coma hypoglycémique, selon le médecin traitant.
Conformément aux exigences de la procédure judiciaire et dans un souci de transparence, le Parquet général a ordonné une autopsie médico-légale sur la base de la réquisition n°011/PR/PR/CYH/2026 du 6 janvier 2026, émise par le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Coyah. L’objectif est de déterminer précisément les circonstances et la cause du décès.
Les résultats de cette autopsie feront l’objet d’un communiqué ultérieur, promet le document.
Le Parquet général a présenté ses condoléances attristées à la famille éplorée ainsi qu’au peuple de Guinée tout entier.
Ce décès intervient quelques mois seulement après la condamnation historique du 31 juillet 2024 par le Tribunal criminel de Dixinn, où Claude Pivi (alias « Coplan ») avait écopé de la peine la plus lourde du procès du massacre du 28 septembre 2009 : la perpétuité assortie d’une période de sûreté de 25 ans, pour sa responsabilité présumée de commandement dans les crimes contre l’humanité (meurtres, viols, tortures, enlèvements et pillages) commis lors de la répression sanglante d’une manifestation d’opposition.
Le communiqué, daté du 6 janvier 2026 et portant le cachet officiel du Parquet général, met également en garde contre toute falsification ou contrefaçon, passible de 5 à 10 ans d’emprisonnement et d’une lourde amende selon l’article 613 du Code pénal guinéen.
Cette disparition soulève déjà de nombreuses interrogations parmi les victimes du 28 septembre, les observateurs et la classe politique guinéenne, alors que les suites de l’autopsie sont très attendues pour lever tout doute sur les circonstances du décès.
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