Le Burkina Faso et le Mali ont annoncé l’interdiction d’entrée sur leur territoire pour les ressortissants des États-Unis. Cette mesure intervient en réaction directe à la décision du président Donald Trump d’élargir l’interdiction de visas visant plusieurs pays africains, dont ces deux États sahéliens.
Une réponse fondée sur le principe de réciprocité
Dans des communiqués séparés publiés mardi, les ministères des Affaires étrangères du Mali et du Burkina Faso ont invoqué le principe de réciprocité. Bamako a précisé qu’« avec effet immédiat », les autorités appliqueront aux citoyens américains les mêmes conditions et exigences que celles imposées par Washington aux ressortissants maliens. À Ouagadougou, le ministre des Affaires étrangères Karamoko Jean-Marie Traoré a justifié une décision similaire.
Contexte : des relations tendues avec Washington
Ces annonces marquent un nouvel épisode de crispation dans les relations déjà froides entre les gouvernements militaires d’Afrique de l’Ouest et les États-Unis. Le 16 décembre, Donald Trump a étendu des restrictions de voyage à vingt pays supplémentaires, dont le Mali, le Burkina Faso et le Niger — des États dirigés par des juntes militaires et récemment distanciés du bloc régional Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Les arguments avancés par la Maison-Blanche
La Maison-Blanche a mis en avant la détérioration de la sécurité et la persistance d’attaques menées par des groupes armés pour justifier ces restrictions. L’administration américaine estime que ces mesures sont nécessaires afin d’empêcher l’entrée de personnes pour lesquelles les États-Unis ne disposent pas d’informations suffisantes pour évaluer les risques sécuritaires. Cette politique s’inscrit dans un durcissement migratoire intensifié après la fusillade ayant coûté la vie à deux membres de la Garde nationale à Washington, le 26 novembre.
Une région confrontée à l’insécurité
Le Mali et le Burkina Faso font face à une expansion rapide de groupes armés dans plusieurs régions. Les autorités militaires, arrivées au pouvoir après des coups d’État ayant renversé des gouvernements civils, ont promis de rétablir la sécurité et de combattre l’insécurité qui déstabilise le Sahel.
Quelles conséquences diplomatiques ?
L’interdiction réciproque de visas pourrait aggraver les tensions diplomatiques entre Washington et ces capitales sahéliennes, avec des impacts potentiels sur la coopération sécuritaire, humanitaire et économique. À court terme, elle complique aussi les déplacements des ressortissants et envoie un signal politique fort dans un contexte régional déjà fragile.
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