La Haute Autorité de la Communication du Mali (HAC) a annoncé la suspension immédiate des chaînes françaises LCI et TF1, accusées d’avoir diffusé « des affirmations non vérifiées et des contrevérités » concernant la situation sécuritaire et les groupes djihadistes dans le pays. La décision, datée de jeudi et consultée vendredi par l’AFP, ordonne le retrait des deux chaînes de tous les bouquets audiovisuels au Mali « jusqu’à nouvel ordre ».
Des contenus jugés alarmistes et contraires à la déontologie
Au cœur de cette sanction se trouve une séquence de l’émission Grand Dossier diffusée par LCI le 9 novembre 2025. Le sujet, d’une durée de 12 minutes, était structuré autour de deux volets :
« Mali, les jihadistes aux portes de Bamako »
« Mali, le nouveau fief d’Al-Qaïda »
La HAC affirme que ces contenus ont été relayés le même jour par TF1 sur sa plateforme en ligne, amplifiant leur portée.
Selon le régulateur malien, la séquence contiendrait plusieurs « contrevérités », notamment :
l’affirmation selon laquelle la junte aurait interdit la vente de carburant,
l’idée que les groupes terroristes seraient sur le point de faire tomber Bamako.
Pour la HAC, ces déclarations non vérifiées contreviennent « de façon flagrante au code de déontologie du journaliste au Mali », qui impose le respect de la vérité et la vérification rigoureuse des faits.
Une communication jugée anxiogène
Le régulateur reproche également à la séquence un « registre alarmiste » présentant le Mali comme un État au bord de l’effondrement. Selon la HAC, de telles prédictions contribuent à « provoquer la panique », à « instaurer la défiance envers les institutions » et à « nuire à la cohésion sociale ».
Cette justification fait écho à la posture adoptée par les autorités maliennes depuis la prise du pouvoir par les militaires entre 2020 et 2022. Le pays a en effet multiplié les mesures restrictives contre les médias, suspendu plusieurs chaînes étrangères et réprimé les voix critiques, suscitant de vives inquiétudes parmi les défenseurs de la liberté de la presse.
Les deux chaînes coupées depuis jeudi soir
Un journaliste de l’AFP a constaté que LCI et TF1 ne sont plus accessibles au Mali depuis jeudi soir. Cette suspension s’ajoute à une série de restrictions déjà imposées aux médias étrangers ou aux plateformes jugées contraires à la communication officielle du régime.
Dans un contexte sécuritaire tendu et marqué par la présence persistante de groupes djihadistes, les autorités de transition semblent vouloir contrôler plus strictement la manière dont la situation du pays est présentée à l’international.
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