Polémique Meiway vs Himra : quand une légende de la musique ivoirienne critique la nouvelle génération

Le 12 janvier 2026, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux ivoiriens déclenche une vive polémique.

À l’origine de cet emballement numérique : une déclaration de Meiway, figure emblématique du zouglou et référence historique de la musique ivoirienne. Ses propos sont perçus comme une critique directe — ou à tout le moins fortement ciblée — à l’encontre de Himra, leader du mouvement 1X Gang et incarnation d’une nouvelle génération artistique particulièrement clivante.

Les propos de Meiway : une critique à peine voilée

Dans l’extrait devenu viral, issu d’une interview ou d’un live, Meiway évoque un jeune artiste qui, selon lui, exercerait une mauvaise influence sur la jeunesse. Il met en cause l’usage de symboles violents et de messages qu’il juge problématiques pour des jeunes déjà exposés à des réalités sociales difficiles.

Sans citer explicitement Himra, il fait référence au signe de la machette, largement associé à l’univers du rappeur, ainsi qu’à des textes qualifiés de trop crus, centrés sur une esthétique de gang et de confrontation. Pour une grande partie des internautes, l’identité de l’artiste visé ne fait guère de doute.

Une déferlante de réactions sur les réseaux sociaux

La publication provoque une réaction immédiate et massive, notamment sur X (ex-Twitter). Les commentaires oscillent entre indignation, moqueries et prises de position radicales. Certains internautes expriment leur déception vis-à-vis de Meiway, tandis que d’autres dénoncent ce qu’ils perçoivent comme une hypocrisie, rappelant les paroles parfois très explicites de ses propres chansons par le passé.

D’autres voix, au contraire, soutiennent l’artiste zouglou, estimant qu’il joue pleinement son rôle d’aîné en alertant sur les dérives possibles de certaines formes de musique urbaine. Très rapidement, le débat dépasse le cadre artistique pour devenir émotionnel et identitaire, révélant une fracture profonde au sein de l’opinion.

Deux camps irréconciliables

La polémique structure désormais le débat en deux blocs clairement identifiés.

D’un côté, les partisans de Meiway — souvent issus de la génération dite de la « vieille école » — estiment que Himra contribue à banaliser la violence à travers son imagerie et ses codes visuels. Ils lui reprochent également un manque de respect envers les figures fondatrices de la musique ivoirienne et craignent une influence négative sur des jeunes déjà vulnérables.

De l’autre côté, les défenseurs d’Himra, majoritairement jeunes et très actifs au sein de la communauté 1X, dénoncent une posture moralisatrice. Ils rappellent que Meiway lui-même a connu des controverses similaires à ses débuts, soulignent que la machette est aussi un outil agricole traditionnel, et affirment que le rappeur transmet avant tout un message d’ambition, de travail et de réussite malgré l’adversité.

Un débat de société bien au-delà de la musique

Cette confrontation dépasse largement le cadre d’un simple clash entre artistes. Elle met en lumière des enjeux plus profonds qui traversent la société ivoirienne contemporaine. Le choc des générations dans la musique urbaine y apparaît central, tout comme la difficulté à définir la place du rap drill et du street rap dans un pays où la question de la violence urbaine reste sensible.

La polémique interroge également le rapport entre respect des aînés et liberté d’expression artistique, ainsi que la signification des symboles culturels, dont l’interprétation varie selon l’âge, le vécu social et le contexte historique.


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