Ce 31 mars 2026, une vidéo à caractère intime impliquant Adolphe Amisi Makutano, député national élu sous la bannière de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), proche du Président Félix Tshisekedi, et président du conseil d’administration de l’Office de Gestion du Fret Multimodal (OGEFREM), s’est largement répandue sur WhatsApp, X (Twitter) et d’autres plateformes.
Contexte de l’affaire
La vidéo montre Amisi Makutano nu, allongé sur un lit, dans ce qui ressemble à une chambre. Selon les premières descriptions, elle donnerait l’impression d’avoir été filmée après un rapport intime, avec l’intéressé apparaissant fatigué. Elle a rapidement été relayée massivement, provoquant moqueries, indignations et débats sur la moralité des responsables publics en RDC.
Amisi Makutano occupe des fonctions stratégiques : il préside la Ligue des Jeunes de l’UDPS et dirige le conseil d’administration de l’OGEFREM, un organisme public clé dans la gestion du fret en République Démocratique du Congo. Sa proximité avec le pouvoir en place en fait une figure montante du parti présidentiel.
Version de la victime et de ses soutiens
Selon une enquête menée par le journaliste indépendant Patrick Lokala, la vidéo ne serait pas une sextape consensuelle. Amisi Makutano aurait été filmé à son insu pendant une période de convalescence après une intervention chirurgicale compliquée. Il se trouvait alors dans un état d’inconscience ou de grande fatigue, nu sur son lit.
Contacté par le journaliste, l’intéressé affirme avoir été victime d’un chantage : les détenteurs de la vidéo auraient exigé jusqu’à 50 000 dollars pour ne pas la diffuser. Refusant de céder, il leur aurait demandé de la publier. Il dénonce une cabale politique visant à ternir son image et à fragiliser sa position au sein de l’OGEFREM et de l’UDPS. Des proches évoquent des tensions internes à l’office et des rivalités politiques.
D’autres publications sur les réseaux sociaux parlent de montage ou même d’images générées par IA, bien que cela reste à vérifier. Des soutiens ont publié des messages affirmant que la vidéo est « totalement fausse et relève d’une manipulation malveillante ».
Réactions et débats publics
La diffusion a enflammé les réseaux sociaux congolais, avec des milliers de partages, commentaires sarcastiques et analyses politiques. Certains y voient une atteinte à la dignité des institutions, d’autres rappellent que la vie privée doit être distinguée des fonctions publiques. Des juristes soulignent que la diffusion d’images intimes sans consentement constitue une infraction pénale en RDC.
À l’heure actuelle, aucune réaction officielle n’a été publiée par Amisi Makutano lui-même ni par les instances de l’UDPS ou du gouvernement. L’affaire relance le débat récurrent sur l’exemplarité des dirigeants et la vulnérabilité face aux fuites numériques.
Enjeux politiques
Cet incident intervient dans un contexte de tensions internes au sein de l’UDPS et de l’administration publique. Amisi Makutano, souvent présenté comme un leader jeune et dynamique, pourrait voir son ascension freinée si l’affaire n’est pas gérée avec transparence. L’OGEFREM, en tant qu’entreprise publique, est régulièrement scruté pour sa gouvernance.
L’affaire reste en évolution. Des investigations judiciaires pourraient être ouvertes pour identifier les auteurs de la fuite et du chantage présumé. L’opinion publique attend une communication claire de l’intéressé pour clarifier les faits.
Affaire à suivre de près, tant pour ses implications politiques que pour les questions éthiques et juridiques qu’elle soulève sur la protection de la vie privée à l’ère du numérique en RDC.