La brigade territoriale de la compagnie de gendarmerie de Diourbel a procédé, entre jeudi et vendredi derniers, à l’arrestation de 15 personnes soupçonnées de pratiques homosexuelles, dans le cadre d’une enquête pour « actes contre nature ». L’affaire, révélée par Seneweb, a connu un développement spectaculaire après une banale plainte pour vol qui a finalement dévoilé l’existence d’un réseau organisé via un groupe WhatsApp.
D’une plainte pour vol à la révélation d’un réseau
Tout a commencé lorsque I. Djitté, un marabout de 63 ans, divorcé, s’est présenté à la gendarmerie pour signaler le vol de ses deux iPhones. Grâce à une réquisition auprès d’un opérateur téléphonique, les enquêteurs ont rapidement identifié et interpellé trois receleurs. Ces derniers ont livré le nom du voleur présumé : F. Guèye, un jeune homme de 20 ans.
Convoqué, F. Guèye a reconnu les faits mais a apporté une explication inattendue : il affirme avoir eu des relations sexuelles tarifées avec le marabout, qui aurait ensuite refusé de le payer sous prétexte de manquer d’argent. Furieux, il aurait alors volé les deux téléphones. Le statut d’I. Djitté a basculé en quelques heures : de victime, il est devenu mis en cause.
Interrogé plus avant, le jeune homme a livré aux gendarmes la liste complète des membres d’un groupe WhatsApp dédié à ces pratiques. Les enquêteurs ont alors procédé à une vague d’interpellations à Diourbel et dans les environs, arrêtant 13 autres personnes.
Un maître coranique et une personne séropositive parmi les suspects
Parmi les 15 individus interpellés figurent notamment un maître coranique, M. Niang, ainsi que le marabout à l’origine de la plainte. L’un des suspects est par ailleurs porteur du VIH et suivait un traitement à l’hôpital.
Lors de leurs auditions, la quasi-totalité des mis en cause auraient reconnu les faits qui leur sont reprochés. Les personnes ayant joué un rôle passif lors des rapports sexuels ont été soumises à des examens médico-légaux. Les rapports gynécologiques font état de déchirures anales confirmant des relations récentes. Les gendarmes ont également saisi une importante quantité de préservatifs et de lubrifiants au domicile de certains suspects.
Garde à vue en cours
Les 15 principaux suspects sont actuellement en garde à vue pour « actes contre nature », infraction passible de peines de prison au Sénégal où l’homosexualité est criminalisée (articles 319 du Code pénal : 1 à 5 ans d’emprisonnement et amendes).
Par ailleurs, les trois receleurs présumés des téléphones volés ont également été placés en garde à vue pour recel. Ils pourraient être déférés devant le procureur dès ce lundi.
Cette affaire, qui mêle vol, prostitution et pratiques homosexuelles, suscite une vive émotion à Diourbel et relance le débat sur la répression de l’homosexualité dans le pays. L’enquête se poursuit.
En savoir plus sur Gnatepe
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





