Le président Donald Trump a déclaré que des agents américains avaient capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro ainsi que son épouse, et les avaient fait sortir du pays par avion, tandis que l’armée américaine menait une frappe « de grande ampleur » à l’intérieur du Venezuela dans la nuit de samedi à dimanche. Cette opération intervient après plusieurs mois de bras de fer entre les deux dirigeants.
« Cette opération a été menée en coordination avec les forces de l’ordre américaines », a écrit Trump sur le réseau social Truth Social, ajoutant que davantage de détails seraient communiqués lors d’une conférence de presse prévue à 11 heures.
Des explosions ont été entendues aux premières heures du matin à Caracas, la capitale, et plusieurs quartiers de la ville ont signalé des coupures d’électricité.
Le gouvernement vénézuélien a accusé l’armée américaine d’avoir ciblé des sites militaires et civils à Caracas, ainsi que d’avoir mené des frappes dans les États d’Aragua, de La Guaira et de Miranda.
Maduro, au pouvoir depuis 2013, a signé un décret instaurant l’état d’urgence, a indiqué le ministère vénézuélien de la Communication dans un communiqué. Le texte appelle « toutes les forces sociales et politiques » du pays à « activer des plans de mobilisation et à condamner » l’attaque américaine.
La capture de Maduro intervient seulement quelques jours après que l’homme fort de Caracas s’est dit ouvert à des négociations avec les États-Unis sur les questions du trafic de drogue et du pétrole. Maduro et Trump s’étaient entretenus par téléphone en novembre dernier.
La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodríguez, a déclaré que le lieu où se trouvent Maduro et son épouse est inconnu et a exigé des preuves de vie de la part de l’administration Trump.
Sollicités pour commenter, le Pentagone et le Commandement Sud des États-Unis (Southcom) ont renvoyé vers la Maison-Blanche. Cette dernière n’a pas répondu à la demande de commentaire.
Le sénateur Mike Lee (républicain de l’Utah) a affirmé s’être entretenu avec le secrétaire d’État Marco Rubio, qui lui aurait indiqué que Maduro avait été arrêté afin de « répondre de poursuites pénales » aux États-Unis, et que les frappes américaines au Venezuela visaient à « protéger et défendre ceux chargés d’exécuter le mandat d’arrêt ».
« Cette action relève probablement de l’autorité inhérente du président en vertu de l’article II de la Constitution pour protéger le personnel américain contre une attaque réelle ou imminente », a déclaré Lee samedi matin sur le réseau social X.
Maduro avait été inculpé en mars 2020 par le ministère américain de la Justice pour des accusations de terrorisme et de trafic de drogue.
L’attaque américaine fait suite à des mois de tensions, de provocations et de menaces de la part de Trump et de responsables américains à l’encontre de Maduro, que le gouvernement américain accuse d’être à la tête d’un cartel de drogue et qu’il considère comme un « dirigeant illégitime ».
Depuis août, l’armée américaine a renforcé massivement sa présence dans la zone du Southcom, déployant des navires de guerre, au moins un sous-marin, des chasseurs F-35, des drones MQ-9 Reaper et des avions de surveillance. L’administration affirme que ce déploiement vise à enrayer le trafic de drogues dans la région et à protéger les États-Unis.
Environ 15 000 militaires américains sont actuellement stationnés dans la zone du Southcom, a récemment indiqué un responsable du département de la Défense au média The Hill.
Trump a à plusieurs reprises évoqué la possibilité d’autoriser des frappes terrestres à l’intérieur du Venezuela. Fin décembre, il a déclaré aux journalistes qu’il serait « intelligent » pour Maduro de quitter le pouvoir, ajoutant toutefois que « c’est à lui de décider ce qu’il veut faire ».
Depuis début septembre, les États-Unis mènent des frappes létales contre des embarcations soupçonnées de trafic de drogue dans les Caraïbes et l’est de l’océan Pacifique. Les forces américaines auraient conduit au moins 35 frappes et tué au moins 115 “narco-terroristes”.
La CIA a récemment mené une frappe de drone contre une installation portuaire vénézuélienne, où, selon les autorités américaines, le gang transnational Tren de Aragua stockerait des stupéfiants destinés à l’exportation.
Trump a confirmé en octobre avoir autorisé la CIA à mener des opérations clandestines au Venezuela.
En savoir plus sur Gnatepe
Subscribe to get the latest posts sent to your email.






