L’affaire foncière qui alimente les discussions sur les réseaux sociaux en Côte d’Ivoire connaît un nouveau développement judiciaire. Rita Djédjé et plusieurs autres personnes entendues dans le cadre de cette procédure ont été déférées, mercredi 7 octobre 2026, devant le Pôle pénal économique et financier (PPEF), à l’issue d’auditions menées par les services compétents de la Police économique.
Cette évolution ne signifie toutefois pas que les personnes concernées ont été reconnues coupables. Le déferrement marque une étape de la procédure judiciaire au cours de laquelle le parquet doit examiner les éléments recueillis et décider des suites appropriées.
Des opérations de vente de terrains au cœur de l’affaire
Le dossier concerne des opérations de commercialisation de terrains, dont certaines ont bénéficié d’une importante visibilité sur les réseaux sociaux.
Selon les informations publiées ce mercredi, plusieurs personnes ayant souscrit à ces offres foncières auraient par la suite signalé des difficultés pour obtenir les parcelles auxquelles elles pensaient avoir droit ou pour faire aboutir les différentes formalités liées à leurs acquisitions.
Les réclamations auraient progressivement augmenté, poussant les autorités compétentes à s’intéresser au dossier.
D’après les informations rapportées par plusieurs médias ivoiriens, plus d’une centaine de plaintes auraient été enregistrées. Les investigations doivent désormais permettre de vérifier précisément la nature des opérations réalisées, les engagements pris envers les souscripteurs, les sommes éventuellement versées ainsi que les responsabilités individuelles des différents acteurs du dossier.
Il convient néanmoins de souligner que ces plaintes constituent des accusations qui doivent encore être examinées et établies dans le cadre de la procédure judiciaire.
Des personnalités apparues dans des vidéos promotionnelles entendues
L’enquête s’est également intéressée à des personnalités et célébrités apparues dans des contenus diffusés sur les réseaux sociaux pour faire la promotion de certaines de ces offres foncières.
Plusieurs d’entre elles auraient ainsi été entendues par les enquêteurs afin de déterminer les circonstances de leur participation aux campagnes promotionnelles et, surtout, leur niveau de connaissance des opérations concernées.
Un point reste particulièrement important : apparaître dans une publicité ou assurer la promotion d’un produit ou d’un service ne suffit pas, à lui seul, à établir une responsabilité pénale.
Les investigations devront donc déterminer, pour chaque personne concernée, s’il s’agissait simplement d’une prestation publicitaire ou si d’autres éléments permettent d’établir une implication dans les faits faisant l’objet des plaintes.
C’est précisément à la justice qu’il appartiendra de faire cette distinction.
Rita Djédjé déférée devant le Pôle pénal économique et financier
Après les différentes auditions, Rita Djédjé et certaines des personnes entendues ont été conduites, mercredi 7 octobre 2026, devant le Pôle pénal économique et financier.
Le PPEF est une juridiction spécialisée ivoirienne créée par la loi n° 2022-193 du 11 mars 2022. Il s’agit d’une juridiction pénale de premier degré compétente notamment pour la poursuite, l’instruction et le jugement d’infractions économiques et financières relevant de ses attributions. Son siège est fixé à Abidjan.
La législation prévoit également l’existence d’unités spécialisées de police et de gendarmerie intervenant dans les enquêtes relevant de la compétence de cette juridiction.
Que va-t-il se passer maintenant ?
Le déferrement ouvre désormais une nouvelle séquence dans cette affaire.
Le parquet près le Pôle pénal économique et financier devra examiner les résultats des investigations et apprécier les éléments concernant chacune des personnes présentées.
La procédure devra notamment permettre de déterminer la réalité des faits dénoncés, l’ampleur d’éventuels préjudices subis par les plaignants et le degré d’implication de chacune des personnes concernées.
En fonction des éléments disponibles, les autorités judiciaires détermineront les suites à donner au dossier conformément au droit ivoirien.
De nouvelles informations pourraient ainsi apparaître au fur et à mesure de l’avancement de la procédure.
La présomption d’innocence reste de mise
À ce stade, il est essentiel de distinguer les plaintes et accusations de faits définitivement établis par une juridiction.
Le déferrement d’une personne devant une juridiction ne constitue pas une condamnation.
Rita Djédjé, ainsi que les autres personnes citées ou entendues dans cette affaire, doit donc être considérée comme présumée innocente tant qu’une décision de justice définitive n’a pas établi sa culpabilité.
Dans une affaire très commentée sur les réseaux sociaux, les prochaines décisions du Pôle pénal économique et financier seront particulièrement importantes pour déterminer précisément les responsabilités éventuelles et faire la lumière sur les opérations foncières à l’origine de la procédure.



