Burkina Faso : démantèlement d’un vaste réseau de corruption touchant douanes et magistrature

Burkina Faso démantèlement d’un vaste réseau de corruption touchant douanes et magistrature

Les autorités burkinabè ont annoncé le démantèlement d’un important réseau de corruption impliquant plusieurs acteurs clés de l’administration publique, notamment des agents des douanes, des magistrats et un avocat. Cette affaire, révélée au grand public en octobre 2025, marque une nouvelle étape dans la lutte renforcée contre la corruption engagée sous la transition militaire.

Une enquête remontant à 2021

L’affaire trouve son origine en mai 2021, lorsque des dénonciations ont été enregistrées par l’Autorité Supérieure de Contrôle d’État et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC). Après plusieurs mois d’investigation, les auditions menées en octobre 2025 ont conduit à l’interpellation de treize agents des douanes, de dix magistrats ainsi que d’un avocat.
Le responsable du KORAG, structure engagée dans la gouvernance administrative et judiciaire, a confirmé que ces signalements avaient permis de relancer l’enquête et d’exposer un système frauduleux solidement installé.

Sous le régime de transition, les autorités ont fait de la transparence, de la bonne gouvernance et de la lutte contre les pratiques illicites des priorités absolues, insistant sur la nécessité de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions.

Un mode opératoire bien rodé

Selon les premières révélations, certains agents des douanes auraient mis en place un mécanisme de racket ciblant les conducteurs routiers. Malgré un dédouanement en règle effectué au bureau des douanes de Ouaga Inter, plusieurs transporteurs affirment que leurs camions étaient retenus de manière injustifiée.

Pour obtenir le passage, des sommes d’argent leur auraient été exigées illégalement. Deux agents – un inspecteur et un contrôleur – sont particulièrement visés par des preuves matérielles versées au dossier.
Au total, treize douaniers ont été interpellés pour des pratiques similaires, révélant un système organisé de corruption, de rétention abusive de marchandises et de perception illégale de paiements.

Des magistrats également impliqués

L’enquête ne se limite pas à l’administration douanière. Dix magistrats et un avocat sont également mis en cause. Ils sont soupçonnés d’avoir facilité ou couvert les pratiques frauduleuses par des interventions irrégulières ou des décisions complaisantes.
Ces agissements s’inscriraient dans un schéma plus large mêlant corruption, trafic d’influence et tentative de blanchiment de capitaux.

Des poursuites judiciaires en cours

Face à la gravité des faits, les autorités judiciaires ont ouvert plusieurs procédures pour infractions de corruption, extorsion et blanchiment. Des investigations complémentaires sont en cours pour déterminer la profondeur du réseau, identifier d’autres complices potentiels et évaluer le montant des fonds illicitement collectés.

Implication du système judiciaire
Des magistrats de la Cour d’appel de Ouagadougou ont été mis en cause dans le cadre de l’enquête. Dix magistrats, occupant des fonctions variées (président de chambre, procureur général, substitut général, procureur du Faso, juge d’instruction, juge au siège, etc.), ainsi qu’un avocat, ont été cités pour leur implication présumée. Des sommes importantes auraient été engagées pour obtenir des actes de corruption et d’influence, entraînant une instruction biaisée et un jugement partial. Des auditions ont permis d’identifier ce réseau d’acteurs indélicats.

Mesures prises et suites judiciaires
Des interpellations et des auditions ont été effectuées au cours de l’enquête, et des poursuites disciplinaires et judiciaires ont été annoncées. Les auteurs et leurs complices seront mis face à leurs responsabilités et la rigueur de la loi sera appliquée, selon les autorités. Des sanctions disciplinaires seront poursuivies contre les acteurs indélicats du secteur judiciaire, sans exclure des poursuites pénales. Parallèlement, un renforcement des règles d’éthique et de déontologie est prévu pour prévenir de nouvelles dérives.

Enjeux pour la lutte anti?corruption et la confiance publique
La moralisation de la vie publique est indissociable d’une justice intègre, et la protection des droits et libertés a été mise en avant comme une priorité. La lutte contre la corruption et l’impunité des acteurs judiciaires sera intensifiée afin de restaurer la confiance des citoyens. Des mécanismes de contrôle existants devront être renforcés, et une culture de responsabilité devra être promue au sein des administrations. Ainsi, la crédibilité des institutions pourra être progressivement rétablie.


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