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Cameroun : Clément Atangana, premier président du Conseil constitutionnel, est mort

Cameroun Clément Atangana, premier président du Conseil constitutionnel, est mort

Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel du Cameroun, est décédé ce dimanche 4 octobre 2026 à Paris, selon plusieurs médias camerounais, dont Actu Cameroun et News du Camer. Âgé de 85 ans, le magistrat avait été évacué en France pour recevoir des soins. Sa disparition intervient après plus de huit années à la tête de cette institution.

Son nom restera associé aux audiences électorales et à un mot devenu emblématique de sa présidence : « irrecevable ». Prononcé lors de l’examen de différentes requêtes, ce terme avait largement dépassé les salles d’audience pour s’installer dans les commentaires politiques et les débats publics camerounais.

Nommé le 7 février 2018 par le président Paul Biya, Clément Atangana était devenu le tout premier président du Conseil constitutionnel. Sa désignation accompagnait la mise en place effective de cette juridiction, quelques mois avant l’élection présidentielle du 7 octobre 2018.

Son passage à la tête du Conseil aura notamment été marqué par deux élections présidentielles contestées. En 2018, Maurice Kamto, candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, avait dénoncé des irrégularités et demandé l’annulation partielle du scrutin. Son recours avait été rejeté. En 2025, Issa Tchiroma Bakary avait, à son tour, revendiqué la victoire et refusé de reconnaître les résultats officiels donnant Paul Biya vainqueur.

Ces épisodes ont nourri les critiques de l’opposition sur l’impartialité de l’institution. Dès 2018, Maurice Kamto avait demandé la récusation de plusieurs de ses membres, dont Clément Atangana, en invoquant leurs affinités présumées avec le parti au pouvoir. Le Conseil avait déclaré ces demandes irrecevables. Ces accusations politiques ont durablement accompagné la présidence du magistrat.

Avant de devenir l’un des visages les plus connus des contentieux électoraux, Clément Atangana avait effectué une longue carrière dans la justice camerounaise. Né le 20 septembre 1941 à Ekoumeyek, dans l’arrondissement de Ngomedzap, département du Nyong-et-So’o, il avait suivi une formation en droit, puis à l’École nationale d’administration et de magistrature et à l’Institut international d’administration publique de Paris. Il avait intégré la magistrature le 20 décembre 1968.

Au fil de ses affectations, il avait exercé comme juge d’instruction à Nkongsamba et présidé plusieurs tribunaux, notamment à Eséka, Bafia, Mora et Sangmélima. Son parcours l’avait également conduit au ministère de la Justice, au poste de directeur adjoint des affaires judiciaires et du sceau, puis à des responsabilités au sein des juridictions supérieures.

Procureur général près la cour d’appel du Nord, puis président de la cour d’appel du Centre, il avait ensuite rejoint la Cour suprême comme conseiller, avant de présider sa chambre administrative. Ces fonctions avaient précédé son accession à la présidence du Conseil constitutionnel.

La disparition de Clément Atangana pose désormais la question de sa succession à la tête du Conseil. Elle clôt le parcours d’un magistrat dont les dernières années de responsabilité auront été étroitement liées aux affrontements judiciaires et politiques entourant les élections présidentielles camerounaises.

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