L’administration du président Donald Trump s’apprête à réduire considérablement la présence consulaire américaine en Afrique. Selon une note interne consultée par l’Associated Press (AP), le Département d’État américain prévoit de fermer les services de traitement des visas dans près de 30 ambassades et consulats à travers le continent.
Cette mesure s’inscrit dans une série de politiques migratoires plus restrictives mises en place par l’administration Trump, qui cherche à limiter les voies d’accès aux États-Unis pour les ressortissants étrangers, notamment ceux provenant d’Afrique et d’Asie.
Seulement 20 centres de traitement des visas maintenus en Afrique
D’après des responsables américains cités par l’Associated Press, les diplomates ont été informés vendredi dernier que les services de visa seraient désormais concentrés dans seulement 20 « hubs » régionaux à travers l’Afrique.
Les représentations diplomatiques qui continueront à traiter les demandes de visa sont situées dans les villes suivantes :
- Abidjan (Côte d’Ivoire)
- Accra (Ghana)
- Addis-Abeba (Éthiopie)
- Le Cap (Afrique du Sud)
- Dakar (Sénégal)
- Dar es Salaam (Tanzanie)
- Djibouti (Djibouti)
- Johannesburg (Afrique du Sud)
- Kampala (Ouganda)
- Kigali (Rwanda)
- Kinshasa (RDC)
- Lagos (Nigeria)
- Lomé (Togo)
- Luanda (Angola)
- Malabo (Guinée équatoriale)
- Monrovia (Libéria)
- Nairobi (Kenya)
- Port-Louis (Maurice)
- Praia (Cap-Vert)
- Yaoundé (Cameroun)
Toutes les autres ambassades et consulats américains du continent perdraient leurs services consulaires liés aux visas.
Les demandeurs de visa devront voyager vers un pays voisin
Même si les sites concernés continueront à fournir une assistance d’urgence aux citoyens américains ainsi que certains services diplomatiques, ils ne traiteront plus les demandes de visa.
Concrètement, les ressortissants vivant dans un pays où les services de visa seront supprimés devront désormais se rendre dans une ambassade ou un consulat américain situé dans un autre pays pour effectuer leurs démarches et passer leur entretien consulaire.
Selon les informations divulguées, cette réforme a été approuvée par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio. Aucune date officielle n’a encore été annoncée, mais les responsables interrogés estiment que sa mise en œuvre pourrait intervenir au cours du mois de juin.
Une nouvelle étape dans le durcissement de la politique migratoire américaine
Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de restriction de l’immigration légale vers les États-Unis.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a multiplié les mesures visant à renforcer le contrôle des frontières et à limiter l’entrée de ressortissants étrangers.
En décembre 2025, une proclamation présidentielle a étendu les restrictions d’entrée à 39 pays, dont un grand nombre de nations africaines. Ces mesures incluent des suspensions totales ou partielles de visas d’immigration et de visas temporaires.
Selon plusieurs analystes, l’Afrique est aujourd’hui l’une des régions les plus touchées par ces nouvelles politiques. De nombreux pays africains font désormais face à des restrictions renforcées, à des procédures de contrôle supplémentaires ou à des limitations liées à la sécurité nationale, aux dépassements de séjour et à la coopération en matière d’expulsions.
Parallèlement, l’administration américaine a également suspendu ou ralenti le traitement de certains visas d’immigration pour les ressortissants de plusieurs dizaines de pays, tout en renforçant les critères d’éligibilité financière des candidats.
De nouvelles propositions, telles que l’instauration de cautions de visa plus élevées ou des critères d’admission plus stricts, compliquent également l’accès aux visas touristiques, étudiants et professionnels.
L’épidémie d’Ebola renforce également les restrictions
À ces mesures migratoires s’ajoute désormais la situation sanitaire liée à l’épidémie d’Ebola qui touche certaines régions d’Afrique centrale et orientale.
Le mois dernier, les autorités américaines ont instauré des restrictions d’entrée et renforcé les contrôles sanitaires pour les voyageurs ayant récemment séjourné dans des pays affectés par l’épidémie, notamment la République démocratique du Congo, l’Ouganda et le Soudan du Sud.
Le Département d’État a également suspendu temporairement les services de visa dans certaines ambassades américaines situées dans les zones les plus touchées. Cette décision concerne aussi bien les visas touristiques que les visas étudiants, d’affaires ou d’immigration.
Les demandeurs de visa dans ces pays ne peuvent actuellement plus prendre de rendez-vous, tandis que plusieurs entretiens déjà programmés ont été annulés.
Un impact important pour les candidats africains
Si cette réforme est effectivement appliquée, elle pourrait avoir des conséquences importantes pour des milliers de candidats africains souhaitant voyager, étudier, travailler ou immigrer aux États-Unis.
L’obligation de se déplacer dans un pays voisin pour effectuer les démarches consulaires entraînerait des coûts supplémentaires, des délais plus longs et une complexité accrue pour de nombreux demandeurs de visa à travers le continent africain.
Les prochaines semaines devraient permettre de connaître le calendrier officiel de mise en œuvre de cette réorganisation majeure du réseau diplomatique américain en Afrique.