Lors d’un déplacement à Varces, en Isère, ce jeudi 27 novembre, Emmanuel Macron a présenté les grandes lignes d’un nouveau service national militaire, entièrement volontaire, destiné aux jeunes dès 18 ans. Une annonce inscrite dans un contexte mondial marqué par une montée des tensions et des crises internationales.
« Nous avons besoin de mobilisation, une mobilisation de la Nation non pas pour se défendre contre tel ou tel ennemi, mais pour se tenir prête et être respectée », a déclaré le chef de l’État, justifiant la mise en place d’un dispositif renforçant la résilience nationale.
Un lancement dès 2026 avec 3 000 volontaires
Ce nouveau service national sera inauguré à l’été 2026 avec une première cohorte de 3 000 jeunes volontaires pour une durée de 10 mois. Une phase de transition rendue nécessaire après des années de démantèlement des infrastructures militaires consécutives à la fin de la conscription en 1997.
Le dispositif montera progressivement en puissance :
10 000 volontaires en 2030,
50 000 en 2035.
Le président s’est également distancié de toute idée de rendre ce service obligatoire, critiquant les responsables politiques — notamment Jordan Bardella — qui souhaitent rétablir la conscription. Une vision portée selon lui par « ceux qui méconnaissent la réalité de nos armées ».
Un service principalement destiné aux 18-19 ans
Environ 80 % des sélectionnés auront entre 18 et 19 ans, tandis que les 20 % restants seront des profils spécialisés (ingénieurs, infirmiers, analystes de données…), pouvant servir jusqu’à 25 ans avec le grade d’aspirant, premier grade d’officier.
Un programme résolument militaire
Assumant de s’inspirer du modèle norvégien, Emmanuel Macron a décrit un service « purement militaire » :
1 mois d’acculturation
apprentissage des chants,
maniement des armes,
discipline de caserne.
9 mois en unité opérationnelle
Les jeunes effectueront les mêmes missions que les militaires professionnels dans les unités où ils seront affectés.
Conditions matérielles
Les volontaires seront :
logés, nourris, équipés,
rémunérés via une solde d’au moins 800 euros, non prise en compte pour l’attribution des bourses,
détenteurs d’une carte de circulation militaire, permettant une réduction de 75 % dans les trains.
Une année valorisée pour les études et la carrière
Présenté comme une année de césure utile, ce service national permettra aux jeunes de :
reprendre leurs études en reportant leurs vœux sur Parcoursup,
bénéficier d’une valorisation par les jurys de l’enseignement supérieur,
engranger environ 15 crédits ECTS,
entrer dans la réserve opérationnelle ou s’engager dans l’armée active où leur expérience sera reconnue.
Le programme sera piloté intégralement par le ministère des Armées.
Un engagement limité au territoire national
Le président a insisté sur ce point :
« Nos jeunes serviront sur le territoire national et uniquement sur le territoire national, en métropole et outre-mer. »
Si en 2026 le service sera exclusivement militaire, dès 2027, les neuf mois de mission pourront également s’accomplir :
chez les pompiers,
en gendarmerie,
ou dans d’autres services de sécurité intérieure.
Refonte de la Journée défense et citoyenneté
La Journée défense et citoyenneté (JDC) deviendra la Journée de mobilisation, recentrée sur les fondamentaux. C’est au cours de cette journée que les jeunes pourront se porter volontaires pour le service national.
Un budget dédié de 2,3 milliards d’euros
Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, les 2,3 milliards d’euros nécessaires pour la période 2026-2030 sont déjà intégrés dans l’actualisation de la loi de programmation militaire voulue par Emmanuel Macron. Cette actualisation doit toutefois encore être votée par le Parlement.
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