Contrairement à une croyance largement répandue, le désir sexuel ne déclinerait pas automatiquement avec l’âge, en particulier chez les hommes. Une récente étude scientifique de grande ampleur remet en cause les idées reçues et apporte un éclairage nouveau sur l’évolution de la libido tout au long de la vie adulte.
Une étude européenne basée sur plus de 67 000 participants
Selon un article publié le 14 janvier 2026 par le Daily Mail, des chercheurs de l’University of Tartu en Estonie ont analysé des données issues d’enquêtes menées auprès de plus de 67 000 adultes âgés de 20 à 84 ans. L’objectif était de mieux comprendre comment le désir sexuel évolue en fonction de l’âge, du sexe et de divers facteurs sociaux.
Les résultats contredisent une idée largement admise selon laquelle la libido masculine serait à son maximum durant la jeunesse. En réalité, l’intérêt sexuel des hommes atteindrait son apogée bien plus tard.
Le désir sexuel masculin atteint son pic à la quarantaine
L’étude montre que le désir sexuel des hommes augmente progressivement au cours de la vingtaine et de la trentaine, pour culminer au début de la quarantaine. Ce n’est qu’ensuite qu’il entame une baisse lente et graduelle. Fait notable, les hommes âgés de 60 ans déclarent un niveau de désir comparable à celui des hommes dans la vingtaine.
Ces résultats sont particulièrement surprenants dans la mesure où le taux de testostérone, souvent associé à la libido masculine, commence généralement à diminuer dès le début de la trentaine. Malgré cette évolution biologique, le désir sexuel continue d’augmenter pendant près d’une décennie supplémentaire.
Une évolution différente du côté des femmes
Chez les femmes, la trajectoire du désir sexuel suit un schéma distinct. Il est le plus élevé au début de l’âge adulte, notamment entre la vingtaine et le début de la trentaine, avant de diminuer progressivement avec l’âge. Après 50 ans, cette baisse devient plus marquée.
Les chercheurs soulignent également l’existence d’un écart persistant entre le désir sexuel masculin et féminin à la plupart des âges adultes. En moyenne, les hommes déclarent des niveaux de désir plus élevés que les femmes, une tendance déjà observée dans des études antérieures.
Le rôle central des facteurs sociaux et relationnels
Dans leurs conclusions publiées dans la revue scientifique Scientific Reports, les auteurs estiment que les facteurs sociaux, psychologiques et relationnels jouent un rôle déterminant dans l’évolution du désir sexuel. Chez les hommes, la quarantaine correspond souvent à une période de plus grande stabilité affective et relationnelle.
Les hommes de cet âge sont plus fréquemment engagés dans des relations durables, caractérisées par une proximité émotionnelle plus forte et, dans de nombreux cas, par une activité sexuelle plus régulière. Ces éléments pourraient contribuer à expliquer le niveau élevé de désir observé à cette période de la vie.
Orientation sexuelle, couple et environnement professionnel
L’étude met également en évidence d’importantes différences selon l’orientation sexuelle et la situation conjugale. Les personnes bisexuelles déclarent, en moyenne, les niveaux de désir sexuel les plus élevés. Les hommes en couple rapportent un désir plus fort que les hommes célibataires, tandis que les femmes célibataires déclarent un désir supérieur à celui des femmes vivant en couple.
L’environnement professionnel semble aussi exercer une influence. Les employés de bureau et les travailleurs du secteur commercial rapportent des niveaux de désir plus élevés que la moyenne, tandis que les militaires et les opérateurs de machines déclarent des niveaux plus faibles. La satisfaction au sein du couple a également un effet positif, bien que modéré, sur le désir sexuel.
Enfin, le nombre d’enfants joue un rôle différent selon le sexe. Chez les femmes, un nombre plus élevé d’enfants est associé à une diminution du désir sexuel, tandis que chez les hommes, la tendance inverse est observée.
Une réalité individuelle avant tout
Les chercheurs rappellent que le désir sexuel est une composante complexe du bien-être humain et qu’il varie fortement d’un individu à l’autre. Certaines femmes déclarent un niveau de désir supérieur à celui de nombreux hommes, ce qui montre que les moyennes statistiques ne reflètent pas toutes les expériences personnelles.
En conclusion, cette étude souligne que le désir sexuel ne dépend pas uniquement de l’âge ou de la biologie. Il est façonné par une combinaison de facteurs hormonaux, psychologiques, relationnels et sociaux, invitant à repenser la sexualité comme un phénomène évolutif tout au long de la vie.
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