En cette période hivernale où les températures chutent sensiblement, l’Europe fait face, comme chaque année, à une vague de grippe saisonnière. Toutefois, la forte intensité des premiers cas recensés au Royaume-Uni suscite de vives inquiétudes parmi les autorités sanitaires. Les experts redoutent une épidémie plus sévère que d’habitude, principalement en raison de la forte circulation d’un sous-variant du virus de la grippe A (H3N2), surnommé la « sous-clade K ».
Identifiée pour la première fois dans l’hémisphère sud au cours de l’été, cette variante semble particulièrement contagieuse. « Cette vague sans précédent de super grippe place le NHS dans la pire situation possible pour cette période de l’année », a alerté la directrice médicale nationale du service public britannique, Meghana Pandi. Selon les données officielles, le nombre de cas au Royaume-Uni a bondi de 55 % en une semaine, avec une moyenne de 2 660 patients hospitalisés chaque jour.
Une pression sans précédent sur les hôpitaux britanniques
Le ministre britannique de la Santé, Wes Streeting, a évoqué un « défi inédit depuis la pandémie de Covid-19 ». Les hôpitaux du pays font face à un afflux massif de patients, dans un contexte déjà fragilisé par des tensions sociales et des grèves de médecins résidents. Cette situation met à rude épreuve le système de santé britannique, déjà confronté à des difficultés structurelles.
La France également touchée par la super grippe
De son côté, la France n’est pas épargnée par cette épidémie. Santé publique France a officiellement déclaré l’entrée en phase épidémique au début du mois de décembre 2025. Selon Antonin Bal, directeur adjoint du Centre national de référence des virus des infections respiratoires aux Hospices civils de Lyon, le phénomène se distingue par son démarrage précoce.
« Ce qu’il faut noter cette année, c’est un démarrage avec deux à trois semaines d’avance par rapport aux saisons précédentes », a-t-il expliqué dans La Dépêche. Actuellement, le taux de positivité du virus atteint 22 %, avec une circulation particulièrement marquée chez les plus jeunes.
Une circulation accrue chez les enfants et adolescents
La positivité atteint 41 % chez les 5-18 ans, et environ 30 % chez les 0-5 ans, précise Antonin Bal. Également appelée J.2.4.1, la sous-clade K se caractérise par plusieurs mutations de la protéine hémagglutinine, facilitant l’entrée du virus dans les cellules respiratoires.
Toutefois, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se veut rassurante : les données actuelles n’indiquent pas d’augmentation significative de la gravité de la maladie. « Pour l’instant, nous n’avons pas d’information indiquant que les symptômes soient différents. Lorsque le virus H3N2 circule, on s’attend globalement à avoir un peu plus de formes sévères », conclut Antonin Bal.
Pour rappel, l’ancien Premier ministre François Bayrou a récemment été hospitalisé à Pau pour une grippe très sévère, illustrant la virulence de cette vague hivernale. Les autorités sanitaires appellent à la vigilance, notamment auprès des populations les plus vulnérables.
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