L’hantavirus fait de nouveau parler de lui après la détection d’un foyer de contamination lié au navire de croisière MV Hondius. Mais contrairement à ce que certains titres laissent penser, il ne s’agit pas d’un virus totalement nouveau. Les hantavirus sont connus depuis longtemps et sont généralement transmis à l’être humain par des rongeurs infectés. Ce qui alerte aujourd’hui les autorités sanitaires, c’est l’apparition de plusieurs cas graves dans un contexte inhabituel : un bateau de croisière international.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, le foyer signalé début mai 2026 concernait des passagers atteints de graves symptômes respiratoires. Au 8 mai 2026, l’OMS faisait état de huit cas, dont trois décès, liés à ce cluster. Les analyses ont identifié le virus Andes, une forme d’hantavirus connue en Amérique latine.
Qu’est-ce que l’hantavirus ?
Les hantavirus forment une famille de virus principalement portés par certains rongeurs. Chez l’être humain, ils peuvent provoquer des maladies graves, notamment un syndrome pulmonaire à hantavirus, caractérisé par une atteinte respiratoire sévère.
La contamination se fait le plus souvent par contact avec l’urine, les excréments ou la salive de rongeurs infectés, notamment lorsque des particules contaminées sont inhalées dans un lieu fermé ou mal nettoyé.
Pourquoi parle-t-on d’un “nouveau virus” ?
Le terme est trompeur. L’hantavirus n’est pas nouveau. Ce qui est récent, c’est le foyer détecté à bord du MV Hondius, un navire ayant quitté Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril 2026, avant de traverser plusieurs zones isolées de l’Atlantique Sud.
L’OMS précise que la souche impliquée est le virus Andes, particulier parce qu’il est le seul hantavirus connu pouvant, dans certains cas, se transmettre de personne à personne, mais seulement lors de contacts étroits et prolongés.
Quels sont les symptômes ?
Les premiers signes peuvent ressembler à une infection classique : fièvre, fatigue, douleurs musculaires, maux de tête, frissons, nausées, vomissements, diarrhée ou douleurs abdominales. Dans les formes graves, la maladie peut évoluer vers une toux, un essoufflement, une pneumonie et une détresse respiratoire.
L’OMS recommande de surveiller particulièrement les personnes ayant été exposées à un cas confirmé ou probable, surtout si elles développent de la fièvre, des douleurs musculaires, des troubles digestifs ou des symptômes respiratoires.
Faut-il craindre une pandémie ?
À ce stade, non. L’OMS estime que le risque pour la population générale reste faible. Le risque est considéré comme plus important pour les passagers et membres d’équipage directement exposés sur le navire.
Le directeur général de l’OMS a également insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un scénario comparable au Covid-19. Le virus Andes peut être grave, mais sa transmission entre humains reste limitée et associée à des contacts rapprochés.
Comment se protéger ?
La prévention repose surtout sur l’évitement des contacts avec les rongeurs et leurs déjections. Il faut éviter de balayer à sec les lieux où des excréments de souris ou de rats sont présents, aérer les pièces fermées, porter des gants, humidifier les zones contaminées avec un désinfectant, puis nettoyer soigneusement.
Les personnes revenant d’une zone à risque ou ayant été en contact avec un cas suspect doivent surveiller l’apparition de symptômes et contacter rapidement un service médical en cas de fièvre ou de difficultés respiratoires.
Ce qu’il faut retenir
L’hantavirus n’est pas un nouveau virus, mais le foyer observé en mai 2026 sur le MV Hondius est pris très au sérieux. La souche identifiée, le virus Andes, peut provoquer des formes respiratoires graves et, dans de rares situations, se transmettre entre humains lors de contacts étroits. Pour l’instant, les autorités sanitaires jugent le risque faible pour la population générale, tout en poursuivant la surveillance internationale.