La polémique qui secoue le monde des influenceurs français vient de franchir un nouveau cap. Après l’appel au boycott visant Gisèle Paris, agence dirigée par Gisèle Journo, plusieurs créateurs de contenu ont pris leurs distances. Léna Situations s’est elle aussi retrouvée mêlée à l’affaire. Désormais, la justice s’en saisit : une enquête pour cyberharcèlement et menace de mort a été ouverte à Paris.
Depuis plusieurs jours, les noms de Léna Situations, Gisèle Journo et Rima Hassan circulent massivement sur X, Instagram et TikTok.
Ce qui était initialement une controverse autour des positions personnelles attribuées à la dirigeante d’une agence d’influence s’est transformé en une véritable tempête numérique, mêlant appel au boycott, guerre à Gaza, accusations d’antisémitisme, départs d’influenceurs et menaces en ligne.
Ce jeudi 20 août 2026, l’affaire a pris une dimension judiciaire avec l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris.
Comment la polémique autour de Gisèle Paris a-t-elle commencé ?
Au centre de l’affaire se trouve Gisèle Journo, 26 ans, dirigeante de l’agence d’influenceurs Gisèle Paris.
La controverse a éclaté après la diffusion sur les réseaux sociaux de captures montrant plusieurs contenus que Gisèle Journo aurait aimés ou repartagés depuis ses comptes personnels.
Ces publications ont été interprétées par leurs détracteurs comme l’expression de positions favorables à Israël.
Le 14 août 2026, l’eurodéputée LFI Rima Hassan a relayé certaines de ces captures sur Instagram et appelé au boycott de Gisèle Paris. Elle reprochait notamment à Gisèle Journo d’avoir relayé ou soutenu des contenus liés à l’armée israélienne dans le contexte de la guerre à Gaza.
Parmi les éléments diffusés figureraient notamment une vidéo concernant un soldat israélien. Selon les précisions rapportées par Le Parisien, il s’agirait en réalité d’un hommage rendu au mari décédé de l’une des amies de Gisèle Journo.
Une vidéo d’un concert du chanteur israélien Omer Adam a également été évoquée.
L’agence Gisèle Paris répond aux accusations
Face à l’ampleur de la polémique, Gisèle Paris a tenté de clarifier sa position.
L’agence a notamment assuré n’avoir jamais soutenu ni cautionné la mort de civils palestiniens.
Mais cette déclaration n’a pas suffi à faire retomber la controverse.
Sur les réseaux sociaux, des internautes ont commencé à dresser des listes de créateurs de contenu associés à l’agence et à réclamer leur boycott.
Le débat s’est alors déplacé : il ne concernait plus uniquement les opinions personnelles de Gisèle Journo, mais également les influenceurs avec lesquels son agence travaille ou les personnalités apparaissant à ses côtés.
C’est dans ce contexte que Léna Situations, de son vrai nom Léna Mahfouf, a été directement entraînée dans l’affaire.
Pourquoi Léna Situations se retrouve-t-elle mêlée à la polémique ?
Gisèle Journo était apparue aux côtés de Léna Situations et d’autres influenceurs lors de vacances sur l’île de Ré, filmées dans le cadre des contenus estivaux de la célèbre youtubeuse.
Les images montrant cette proximité ont rapidement ressurgi lorsque la polémique a éclaté.
Léna Situations, suivie par plusieurs millions de personnes sur Instagram, a ensuite pris ses distances numériquement avec Gisèle Journo et aimé la publication de Rima Hassan consacrée à l’affaire, rapporte Le Parisien.
D’autres créateurs présents dans l’entourage de Gisèle Journo ont également réagi.
Sundy Jules aurait notamment flouté Gisèle Journo dans certaines vidéos, tandis que plusieurs influenceurs représentés par Gisèle Paris ont annoncé qu’ils quittaient l’agence après avoir affirmé ne pas avoir eu connaissance auparavant des opinions attribuées à sa dirigeante.
La polémique s’est alors emballée.
Plusieurs influenceurs quittent Gisèle Paris
Pour une agence spécialisée dans l’influence, les conséquences peuvent être particulièrement lourdes.
Gisèle Paris affirme accompagner plus de 50 talents et revendique plusieurs milliers de collaborations depuis sa création.
Or, dans les jours suivant le déclenchement de la polémique, plusieurs créateurs ont publiquement annoncé prendre leurs distances ou quitter l’agence.
Certains ont expliqué découvrir seulement à ce moment-là les publications personnelles reprochées à Gisèle Journo.
Cette succession de départs a donné une nouvelle ampleur à l’appel au boycott.
Sur X, les internautes se sont divisés en plusieurs camps.
Certains considèrent que les influenceurs ont raison de refuser toute association professionnelle avec une personnalité dont ils désapprouvent les prises de position.
D’autres dénoncent au contraire une forme de mise au ban collective fondée sur des opinions politiques ou sur des contenus dont l’interprétation fait débat.
Des millions de vues sur X
La controverse ne s’est pas limitée aux communautés habituelles de Léna Situations.
Un post particulièrement hostile à Rima Hassan et à la manière dont l’affaire avait été relayée a dépassé 4 millions de vues sur X, selon les données publiques indexées autour de la publication.
Ce chiffre illustre surtout l’ampleur qu’a prise le débat.
D’un côté, certains internautes accusent Gisèle Journo de soutenir politiquement Israël et considèrent le boycott comme un moyen légitime de pression.
De l’autre, des voix dénoncent une campagne qui aurait progressivement quitté le terrain du débat politique pour basculer dans les insultes, les menaces et, dans certains cas, des propos antisémites.
Et c’est précisément sur ce dernier aspect que la justice intervient désormais.
Gisèle Journo porte plainte
Selon les informations communiquées ce 20 août 2026, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour cyberharcèlement et menace de mort concernant les attaques subies par Gisèle Journo.
Le Pôle national de lutte contre la haine en ligne a confié les investigations à la Brigade de répression de la délinquance contre les personnes.
Les avocats de Gisèle Journo dénoncent une campagne comportant, selon eux, des menaces de mort, des insultes antisémites et sexistes ainsi que des appels à la haine.
Plusieurs messages particulièrement violents ont été transmis à la justice.
L’ouverture de l’enquête ne signifie cependant pas que les responsabilités sont déjà établies. Les investigations devront déterminer les auteurs des messages concernés ainsi que les éventuelles infractions commises.
Rima Hassan est-elle visée par l’enquête ?
À ce stade, les informations communiquées par le parquet indiquent l’ouverture d’une enquête sur le cyberharcèlement et les menaces visant Gisèle Journo.
Il ne faut donc pas en conclure que Rima Hassan est elle-même poursuivie dans cette procédure.
Les avocats de Gisèle Journo affirment toutefois que la campagne d’attaques aurait pris de l’ampleur après l’appel au boycott lancé par l’eurodéputée.
Cette question alimente précisément l’une des principales controverses sur X : où s’arrête l’appel politique au boycott et où commence la responsabilité liée à une campagne de harcèlement menée par d’autres internautes ?
Les deux situations doivent juridiquement être distinguées.
Appeler à ne plus acheter les produits ou services d’une entreprise n’est pas la même chose que proférer des menaces de mort ou des insultes à caractère antisémite.
L’enquête devra donc notamment s’intéresser aux messages individuels et à leurs auteurs.
Une partie des internautes défend le boycott
Les partisans de Rima Hassan défendent pour leur part le principe même du boycott.
Ils considèrent qu’un consommateur ou une personnalité publique doit pouvoir refuser de collaborer avec une entreprise lorsque les opinions ou comportements de ses dirigeants entrent en contradiction avec ses valeurs.
Dans ce camp, la mobilisation est présentée comme une forme de pression politique et économique en soutien aux Palestiniens.
Plusieurs internautes rejettent également l’idée selon laquelle critiquer le soutien à Israël constituerait automatiquement de l’antisémitisme.
D’autres dénoncent une campagne de harcèlement
À l’opposé, plusieurs personnalités et internautes estiment que l’affaire est allée beaucoup trop loin.
Ils dénoncent notamment le fait que les origines juives de Gisèle Journo soient évoquées dans certains messages et que des insultes antisémites aient été publiées à son encontre.
Pour eux, la polémique illustre les dérives des campagnes de boycott lorsqu’une personnalité disposant d’une importante audience désigne publiquement une personne ou une entreprise.
La diffusion massive de listes d’influenceurs supposément liés à Gisèle Paris contribue également à cette inquiétude.
Léna Situations au cœur d’un débat qui la dépasse
La situation est particulièrement délicate pour Léna Situations.
La créatrice de contenu ne se trouve pas à l’origine de l’affaire et les faits rapportés ne lui attribuent ni les publications de Gisèle Journo ni les messages de cyberharcèlement.
Mais sa notoriété et sa proximité passée avec la dirigeante de Gisèle Paris ont suffi pour que son nom devienne l’un des mots-clés autour desquels la polémique se propage.
Sa prise de distance et son interaction avec la publication de Rima Hassan ont à leur tour suscité des critiques.
Certains internautes lui reprochent d’avoir abandonné une amie sous la pression des réseaux sociaux. D’autres considèrent au contraire qu’elle était libre de prendre ses distances dès lors qu’elle découvrait des positions qu’elle ne partageait pas.
Une polémique devenue affaire judiciaire
En quelques jours, l’affaire Gisèle Paris – Rima Hassan – Léna Situations est ainsi passée d’une série de captures d’écran à une campagne de boycott, puis à des ruptures professionnelles et finalement à l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Elle montre une nouvelle fois la puissance considérable des réseaux sociaux dans l’économie de l’influence.
Une polémique peut désormais affecter en quelques heures non seulement l’image d’une personnalité, mais également ses relations professionnelles, les talents d’une agence et les marques susceptibles de travailler avec elle.
Mais l’affaire pose surtout une question plus large : jusqu’où un boycott politique peut-il aller sans se transformer en harcèlement collectif ?
Au 20 août 2026, la justice n’a pas encore répondu à cette question dans ce dossier. Ce qui est établi, en revanche, c’est que le parquet de Paris enquête désormais sur les menaces et le cyberharcèlement visant Gisèle Journo.
Et au vu de l’ampleur prise par la controverse sur X, l’affaire semble loin d’être terminée.
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