Strive Masiyiwa : le visionnaire qui a connecté l’Afrique et est devenu le premier milliardaire du Zimbabwe

De la bataille judiciaire contre l’État zimbabwéen à l’empire numérique Econet : l’incroyable parcours d’un pionnier des télécoms africains.

Un enfant de l’exil devenu ingénieur

Strive Masiyiwa naît le 29 janvier 1961 en Rhodésie du Sud, l’actuel Zimbabwe, dans une famille d’entrepreneurs. Très tôt, l’instabilité politique pousse les siens à s’installer en Zambie, à Kitwe.

Le jeune Strive poursuit ensuite ses études en Écosse, où il décroche un diplôme d’ingénieur. Cette double culture africaine et britannique forge son ambition et sa rigueur.

De retour au Zimbabwe en 1984, il met son savoir au service de son pays. Ingénieur en télécommunications, il quitte rapidement la compagnie publique pour fonder sa propre entreprise de génie électrique.

Econet Wireless : une victoire arrachée à la justice

En 1993, Strive Masiyiwa fonde Econet Wireless. Mais le gouvernement de Robert Mugabe refuse de lui accorder une licence d’exploitation, protégeant ainsi le monopole de l’opérateur public.

L’entrepreneur engage alors un bras de fer judiciaire de cinq ans, invoquant la liberté d’expression devant la Cour constitutionnelle. Au bord de la faillite, il finit par l’emporter en 1998.

Cette victoire historique met fin au monopole d’État et ouvre le secteur africain des télécommunications aux investissements privés. Le premier abonné mobile d’Econet est connecté la même année.

Un empire numérique panafricain

Devenu le premier milliardaire de l’histoire du Zimbabwe, Strive Masiyiwa bâtit un véritable empire. Le groupe Econet s’étend dans la fibre optique, les services financiers, l’assurance et les datacenters.

À travers Liquid Telecom, il déploie l’un des plus grands réseaux de fibre optique du continent, sur des dizaines de milliers de kilomètres. Sa holding Cassava Technologies fait de lui un acteur majeur du numérique africain.

Installé à Londres après son départ forcé du Zimbabwe, il siège aux conseils d’administration de multinationales comme Unilever et a longtemps été présent chez Netflix et Bank of America.

Le philanthrope qui croit en la jeunesse

Avec son épouse Tsitsi, Strive Masiyiwa crée la Higher Life Foundation. Cette fondation paie les frais de scolarité de dizaines de milliers d’élèves et d’étudiants au Zimbabwe.

Le couple a aussi financé des bourses envoyant des étudiants africains étudier aux États-Unis. Pour Masiyiwa, l’investissement dans l’éducation est la clé du développement durable du continent.

Membre de l’équipe de l’Union africaine mobilisée contre la Covid-19, il a joué un rôle de premier plan dans la coordination des achats de matériel médical pour l’Afrique.

Les chiffres d’un succès retentissant

La fortune de Strive Masiyiwa a été estimée par Forbes à environ 1,7 milliard de dollars, faisant de lui le premier Zimbabwéen de l’histoire à atteindre le cap du milliard.

Le groupe Econet emploie des milliers de personnes et opère dans de nombreux pays, des télécoms aux paiements mobiles en passant par l’énergie renouvelable et l’hôtellerie.

Avec EcoCash, sa solution de paiement mobile, il a contribué à l’inclusion financière de millions de Zimbabwéens, souvent exclus du système bancaire traditionnel.

Une influence mondiale et des revers assumés

Toutes les aventures de Strive Masiyiwa n’ont pas été des succès. Sa télévision payante Kwese TV reste son plus gros échec, mais il l’assume comme une étape de son apprentissage.

Son parcours, jalonné d’accidents, est ce qui le rend passionnant. Il a payé au prix fort sa victoire contre l’establishment zimbabwéen, jusqu’à devoir quitter son pays natal.

Présent sur les plus grandes tribunes économiques, il partage régulièrement ses réflexions sur le leadership africain avec une large communauté de jeunes entrepreneurs.

Pourquoi Strive Masiyiwa fascine l’Afrique francophone

Dans un continent où la connectivité reste un enjeu majeur, Strive Masiyiwa apparaît comme le pionnier ayant prouvé qu’un Africain pouvait défier un monopole d’État et gagner.

Son histoire est étudiée dans les écoles de commerce et citée en exemple par les incubateurs de startups, de Dakar à Lomé, comme modèle de résilience entrepreneuriale.

À l’ère de l’intelligence artificielle et des datacenters, sa vision d’une Afrique connectée et souveraine sur le plan numérique n’a jamais été aussi actuelle.

Questions fréquentes sur Strive Masiyiwa

Quelle est la nationalité de Strive Masiyiwa ? Il est zimbabwéen, né en 1961 sur le territoire de l’actuel Zimbabwe, même s’il vit aujourd’hui principalement à Londres.

Comment a-t-il fait fortune ? Grâce à Econet Wireless, l’opérateur de télécommunications qu’il a fondé après une bataille judiciaire de cinq ans contre l’État zimbabwéen.

Est-il philanthrope ? Oui, sa fondation finance la scolarité de dizaines de milliers d’élèves et il s’est engagé en faveur du développement et de la santé en Afrique.

Une source d’inspiration pour l’Afrique francophone

Le parcours de Strive Masiyiwa résonne bien au-delà du Zimbabwe. Au Togo, au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou au Cameroun, son histoire inspire une génération d’entrepreneurs du numérique.

Sa leçon est limpide : la persévérance et la foi en ses convictions peuvent venir à bout des plus grands obstacles, même institutionnels. Le succès africain est possible quand on ose innover.

Figure incontournable de la transformation digitale, Strive Masiyiwa demeure l’un des entrepreneurs africains les plus influents et les plus respectés au monde.

Rédigé par : Gnatepe

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