Le Togo intensifie ses efforts pour protéger les enfants contre le paludisme, une maladie qui demeure une menace majeure pour la santé publique. Grâce au projet STRIVE, mis en œuvre par le gouvernement avec l’appui de l’ONG Malaria Consortium, la couverture vaccinale rapportée atteint 93,2 % dans les 23 districts sanitaires concernés. Cette initiative mise notamment sur la vaccination de proximité afin d’atteindre les familles vivant loin des centres de santé.
Déployé dans quatre régions du pays, le programme associe également la Croix-Rouge togolaise et les agents de santé communautaire. Il doit se poursuivre jusqu’en 2027, avec pour objectif de renforcer la vaccination de routine, la prévention du paludisme et l’accès aux services de santé dans les communautés rurales.
Paludisme au Togo : une maladie qui menace particulièrement les enfants
Le paludisme reste un problème de santé publique important au Togo, comme dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. Transmise par la piqûre de moustiques infectés, cette maladie peut provoquer de la fièvre, des frissons, des maux de tête et, dans les situations les plus graves, des complications pouvant entraîner la mort.
Les jeunes enfants figurent parmi les personnes les plus vulnérables. Leur système immunitaire est encore en développement, ce qui augmente le risque de complications lorsqu’ils contractent la maladie. Les femmes enceintes nécessitent également une attention particulière, car le paludisme peut avoir des conséquences sur leur santé et sur celle du bébé.
Dans les communautés rurales, l’éloignement des structures sanitaires peut compliquer la prévention, le dépistage et la prise en charge rapide des malades. Certaines familles rencontrent des difficultés pour accéder régulièrement aux consultations et aux services de vaccination.
Face à ces défis, le renforcement des soins de proximité représente un levier important pour améliorer la couverture sanitaire et réduire les risques liés au paludisme.
Projet STRIVE : une initiative pour renforcer la vaccination au Togo
Le projet STRIVE signifie Strengthening Routine Immunisation and Vaccine Engagement in Togo, que l’on peut traduire par « Renforcement de la vaccination de routine et de l’engagement communautaire en faveur des vaccins au Togo ».
Cette initiative est portée par le gouvernement togolais avec l’appui de Malaria Consortium. La Croix-Rouge togolaise et les agents de santé communautaire participent également à sa mise en œuvre.
Le programme cherche à améliorer l’accès à la vaccination et à renforcer la participation des familles aux activités de prévention. Il accorde une attention particulière aux enfants vivant dans les localités où les services de santé sont moins accessibles.
L’un des objectifs est de mieux informer les parents sur l’importance des vaccins et sur le calendrier à respecter. En rapprochant les services des populations, les responsables espèrent réduire les occasions manquées de vaccination et permettre à davantage d’enfants de bénéficier d’une protection adaptée à leur âge.
Une couverture vaccinale de 93,2 % dans 23 districts sanitaires
Le bilan de suivi et d’évaluation présenté le 7 novembre 2026 fait état d’un taux de couverture vaccinale de 93,2 % dans les 23 districts sanitaires concernés par le projet.
Ce résultat constitue un indicateur encourageant pour les acteurs engagés dans le renforcement de la vaccination. Il témoigne des efforts déployés pour améliorer l’accès aux services de santé et mobiliser les communautés.
Il convient toutefois de distinguer ce taux de couverture du nombre d’enfants complètement vaccinés contre le paludisme. Le chiffre communiqué doit être interprété selon l’indicateur précis retenu dans le bilan du projet.
Pour consolider les progrès, les équipes doivent poursuivre le suivi des enfants, encourager les parents à respecter les rendez-vous et identifier les familles qui n’ont pas encore accès aux services nécessaires.
La couverture vaccinale ne dépend pas uniquement de la disponibilité des doses. Elle repose aussi sur la qualité de l’information, la confiance des communautés et la capacité des équipes sanitaires à assurer un suivi régulier.
Les régions des Savanes, de la Kara, Centrale et des Plateaux concernées
Le projet STRIVE couvre quatre régions du Togo : les Savanes, la Kara, la région Centrale et les Plateaux.
Ces zones comptent des communautés pour lesquelles l’accès aux structures sanitaires peut représenter un défi. Les distances, les difficultés de déplacement et le manque d’informations sur les calendriers vaccinaux peuvent empêcher certains enfants de recevoir leurs doses à temps.
Pour répondre à ces obstacles, le programme renforce les activités de vaccination mobile et de proximité. Les équipes peuvent ainsi se rapprocher des familles, informer les parents et faciliter l’accès aux services dans les localités éloignées.
Les agents de santé communautaire jouent un rôle essentiel dans cette démarche. Grâce à leur connaissance du terrain, ils peuvent repérer les enfants qui ont manqué une vaccination, sensibiliser les ménages et orienter les familles vers les services appropriés.
La participation de la Croix-Rouge togolaise contribue également à renforcer la mobilisation communautaire autour de la prévention.
Le vaccin antipaludique : une avancée importante pour la santé des enfants
Pendant longtemps, la mise au point d’un vaccin contre le paludisme a constitué un défi scientifique majeur. Deux vaccins sont désormais recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour prévenir le paludisme à Plasmodium falciparum, le parasite responsable de la forme la plus meurtrière de la maladie.
Le premier, RTS,S/AS01, commercialisé sous le nom de Mosquirix, a reçu une recommandation de l’OMS en 2021. Le second, R21/Matrix-M, a été recommandé en 2023.
Ces deux vaccins ont démontré leur capacité à réduire les épisodes de paludisme chez les jeunes enfants. Leur déploiement représente une avancée importante, notamment dans les régions où la maladie est fortement présente.
Le Togo a introduit le vaccin R21/Matrix-M dans son programme national de vaccination de routine à partir du 1er septembre 2025. Il est destiné aux enfants à partir de cinq mois, selon le calendrier vaccinal national.
Quel est le calendrier du vaccin contre le paludisme au Togo ?
Le calendrier national communiqué lors de l’introduction du vaccin R21/Matrix-M prévoit quatre doses :
- Première dose : à 5 mois ;
- Deuxième dose : à 6 mois ;
- Troisième dose : à 7 mois ;
- Quatrième dose : à 15 mois.
Les parents doivent se rapprocher d’un centre de santé pour connaître les modalités applicables à leur enfant et vérifier les rendez-vous prévus dans son carnet de vaccination.
Le respect du calendrier est important pour bénéficier de la protection attendue. Si une dose a été manquée, il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé plutôt que de renoncer à la vaccination.
Un vaccin efficace, mais qui ne remplace pas les autres moyens de prévention
Les vaccins antipaludiques apportent une protection supplémentaire, mais ils ne préviennent pas tous les cas de maladie. Leur efficacité varie notamment selon le schéma d’administration et les conditions de transmission du paludisme.
Selon l’OMS, les deux vaccins ont réduit de plus de 50 % les épisodes de paludisme pendant la première année dans les essais cliniques. Dans les régions où la transmission est fortement saisonnière, leur efficacité peut atteindre environ 75 % lorsque la vaccination est organisée en fonction de la saison et associée à la chimioprévention saisonnière.
Ces résultats montrent l’intérêt des vaccins, sans signifier que les enfants vaccinés sont totalement protégés.
La vaccination doit donc rester complémentaire des autres mesures de lutte contre la maladie, notamment :
- l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide ;
- le recours aux traitements préventifs recommandés pour les groupes concernés ;
- la réduction des lieux de reproduction des moustiques lorsque cela est possible ;
- le diagnostic rapide en cas de fièvre ;
- le traitement adapté prescrit par un professionnel de santé.
Une fièvre chez un enfant nécessite une attention particulière dans une zone où le paludisme est présent. Les parents doivent consulter rapidement un service de santé afin de permettre un diagnostic et une prise en charge appropriés.
Le rôle des agents communautaires dans la réussite de STRIVE
La disponibilité des vaccins ne suffit pas toujours à garantir une bonne couverture. Certaines familles peuvent manquer les rendez-vous, ne pas connaître les avantages de la vaccination ou rencontrer des difficultés pour se rendre dans un centre de santé.
Les agents de santé communautaire contribuent à réduire ces obstacles. Ils peuvent expliquer le calendrier vaccinal, rappeler les rendez-vous, identifier les enfants qui n’ont pas reçu toutes leurs doses et orienter les familles vers les structures compétentes.
Leur proximité avec les populations facilite également les échanges avec les parents et permet de répondre à certaines préoccupations concernant les vaccins.
Dans le cadre de STRIVE, cette mobilisation communautaire complète les services de vaccination de routine et les activités mobiles. L’objectif est de faire en sorte que les enfants vivant dans les zones reculées ne soient pas laissés de côté.
STRIVE se poursuit jusqu’en 2027 : quels enjeux pour la suite ?
Le projet doit se poursuivre jusqu’en 2027. Cette période sera importante pour consolider les résultats obtenus et maintenir les efforts dans les 23 districts sanitaires concernés.
Les prochaines étapes nécessiteront notamment un suivi régulier de la couverture, une meilleure identification des enfants ayant manqué des doses et une communication continue auprès des communautés.
La pérennité des progrès dépendra également de la capacité des services de santé à maintenir les activités de proximité et à intégrer durablement les actions du projet dans leurs pratiques.
À plus long terme, l’enjeu consiste à faire de la vaccination et de la prévention du paludisme des éléments complémentaires d’une stratégie sanitaire cohérente, accessible aux familles aussi bien dans les villes que dans les zones rurales.
Le Togo renforce la prévention du paludisme chez les enfants
Avec le projet STRIVE, le Togo poursuit ses efforts pour améliorer la vaccination et rapprocher les services de santé des populations rurales. Le taux de couverture de 93,2 % rapporté dans les 23 districts sanitaires concernés constitue un résultat encourageant, même si la poursuite du suivi reste essentielle.
L’introduction du vaccin antipaludique, le travail des agents communautaires et le renforcement de la vaccination mobile peuvent contribuer à mieux protéger les enfants contre cette maladie.
Cependant, le vaccin ne remplace ni les moustiquaires imprégnées, ni les traitements préventifs recommandés, ni le diagnostic rapide en cas de symptômes. C’est en combinant ces différentes mesures que le pays pourra renforcer durablement la prévention et réduire les conséquences du paludisme sur les familles.



