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Togo : 13,5 milliards FCFA annoncés pour les communes et les régions dans le budget 2027

Togo: Décentralisation heureuse

Le développement local occupe une place importante dans les orientations budgétaires du Togo pour l’année 2027. Dans cette perspective, le projet de loi de finances prévoit une enveloppe de 13,5 milliards de FCFA destinée aux collectivités territoriales.

Cette dotation, qui transitera par le Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT), vise à apporter un soutien financier supplémentaire aux communes et aux régions dans l’accomplissement de leurs missions.

L’objectif est de permettre aux autorités locales de disposer de moyens plus importants pour répondre aux besoins des populations et mettre en œuvre leurs programmes de développement.

Concrètement, les ressources mobilisées pourront contribuer au financement de plusieurs types d’investissements : construction et réhabilitation d’infrastructures, acquisition d’équipements collectifs, aménagement des espaces publics, amélioration de l’assainissement et renforcement des services de proximité.

Ce mécanisme vient compléter les ressources que les collectivités parviennent à mobiliser à travers leurs recettes propres. Il représente ainsi un levier important pour soutenir les territoires dont les capacités financières restent parfois insuffisantes face à l’ampleur des besoins.

Il faut toutefois préciser que les 13,5 milliards FCFA constituent, à ce stade, une prévision inscrite dans le projet de budget 2027. Leur mobilisation définitive dépendra de l’adoption de la loi de finances par le Parlement.

Le FACT, un instrument essentiel du financement du développement local

Mis en place dans le cadre de la politique nationale de décentralisation, le Fonds d’appui aux collectivités territoriales constitue l’un des principaux mécanismes permettant à l’État d’accompagner financièrement les communes et les régions.

Sa mission ne consiste pas uniquement à transférer des ressources publiques. Le FACT participe également à la réduction des inégalités entre les territoires grâce à un mécanisme de péréquation, qui tient compte des caractéristiques propres à chaque collectivité.

Depuis 2020, les 117 communes togolaises bénéficient de dotations annuelles calculées notamment en fonction de leur population, de leur superficie et de leur indice de pauvreté.

Avec l’opérationnalisation des régions à la suite des élections régionales de 2024, ces collectivités bénéficient également de dotations annuelles depuis 2025.

Le financement du FACT repose principalement sur les ressources du budget de l’État, les reversements de l’Office togolais des recettes (OTR) ainsi que les contributions des partenaires techniques et financiers.

Le dispositif prévoit différentes catégories de dotations, notamment :

  • Les dotations de fonctionnement : elles permettent aux collectivités de faire face à certaines dépenses obligatoires et de mettre en œuvre les compétences qui leur sont transférées.
  • Les dotations d’investissement : elles servent à financer des infrastructures et des équipements destinés à améliorer les conditions de vie des populations.
  • Les dotations de performance : elles encouragent les collectivités à améliorer leur gestion administrative, financière et opérationnelle.

Cette dernière catégorie constitue une évolution importante du mécanisme, puisqu’elle introduit davantage de considération pour les résultats obtenus par les collectivités dans la gestion des ressources publiques.

Décentralisation au Togo : 117 communes et cinq régions concernées

Pour comprendre l’importance de cette enveloppe budgétaire, il convient de revenir sur l’organisation administrative du Togo et le fonctionnement de sa politique de décentralisation.

Depuis la réforme engagée en 2019, le pays repose sur deux principaux niveaux de collectivités territoriales : les communes et les régions. Cette organisation est encadrée par la loi n° 2019-006 du 26 juin 2019 relative à la décentralisation et aux libertés locales.

Les communes, premier niveau de gouvernance locale

Le Togo compte 117 communes, issues du processus de réorganisation territoriale engagé en 2017. Elles constituent le premier échelon de l’administration décentralisée.

Les premières élections municipales de la nouvelle ère de décentralisation ont été organisées en 2019, avant un deuxième scrutin en juillet 2025.

Dans la capitale, les 13 communes du Grand Lomé s’inscrivent dans l’organisation particulière du District autonome du Grand Lomé.

Les municipalités disposent de compétences dans plusieurs domaines qui touchent directement au quotidien des habitants : urbanisme, aménagement du territoire, gestion des espaces publics, assainissement, infrastructures locales et développement économique.

Elles représentent donc des acteurs incontournables dans l’amélioration du cadre de vie et la mise en œuvre des politiques de développement à l’échelle locale.

Les cinq régions, un deuxième échelon de décentralisation

Le second niveau est constitué des cinq régions administratives du pays :

  1. La région Maritime ;
  2. La région des Plateaux ;
  3. La région Centrale ;
  4. La région de la Kara ;
  5. La région des Savanes.

Leurs conseils régionaux ont été élus pour la première fois lors des élections régionales du 29 avril 2024.

Ces institutions ont notamment vocation à coordonner les initiatives de développement à l’échelle régionale, à accompagner l’aménagement du territoire et à soutenir les projets dépassant les limites d’une seule commune.

L’articulation entre les communes et les régions doit ainsi permettre une meilleure planification des investissements publics et une répartition plus cohérente des équipements et des infrastructures sur l’ensemble du territoire national.

Quels changements les 13,5 milliards FCFA pourraient-ils apporter aux populations ?

Au-delà du montant annoncé, la principale question concerne les réalisations concrètes que ce financement pourrait permettre dans les différentes collectivités.

Dans de nombreuses localités, les besoins restent importants : routes dégradées, insuffisance d’infrastructures sanitaires, difficultés d’assainissement, manque d’équipements collectifs et nécessité d’améliorer les services publics de proximité.

Les ressources du FACT peuvent contribuer à répondre à ces préoccupations en soutenant des investissements adaptés aux priorités de chaque territoire.

Par exemple, une commune pourrait mobiliser ses ressources d’investissement pour améliorer ses infrastructures marchandes, aménager des voies publiques, construire des équipements collectifs ou renforcer ses dispositifs d’assainissement.

Dans les régions, les financements peuvent accompagner des projets structurants ayant une portée territoriale plus large.

Cependant, il convient de souligner que le montant global de 13,5 milliards FCFA ne signifie pas que chaque commune ou région recevra une somme identique. La répartition doit tenir compte des critères applicables au FACT et des besoins des collectivités bénéficiaires.

La qualité de la programmation, la transparence dans l’utilisation des fonds et le suivi des réalisations seront donc essentiels pour garantir l’efficacité de cette enveloppe.

Un budget national de 2 684,1 milliards FCFA pour l’exercice 2027

L’annonce de cette dotation intervient dans le cadre d’un projet de loi de finances qui prévoit un budget national équilibré en ressources et en dépenses à 2 684,1 milliards de FCFA pour l’exercice 2027.

Ce montant représente une baisse de 2,5 % par rapport au budget initial de 2026, qui s’établissait à 2 751,5 milliards FCFA.

Dans ses orientations, le gouvernement met notamment l’accent sur la sécurité, la cohésion sociale, la transformation économique, l’amélioration des services sociaux de base et la création d’emplois.

Les investissements publics prévus pour les programmes de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031 atteignent, quant à eux, 490 milliards FCFA.

Dans cet ensemble, le financement des collectivités territoriales constitue un volet important de la politique de développement, puisqu’il permet de rapprocher une partie des ressources publiques des besoins exprimés directement sur le terrain.

Le financement des collectivités, un défi majeur pour le développement du Togo

Malgré les efforts consentis à travers le FACT, le financement du développement local reste confronté à plusieurs difficultés.

Les collectivités territoriales disposent de capacités de mobilisation des recettes propres encore limitées. Cette situation peut réduire leur marge de manœuvre et ralentir la réalisation de certains projets pourtant prioritaires pour les populations.

L’un des enjeux sera donc de renforcer progressivement leur autonomie financière, tout en améliorant leurs capacités de gestion et de mobilisation des ressources locales.

La participation des partenaires techniques et financiers représente également une piste importante pour accroître les moyens disponibles.

À ce titre, la coopération allemande, à travers la GIZ et la KfW, accompagne le mécanisme FACT, notamment dans le cadre du Programme d’appui au financement des communes (PAFC).

L’amélioration de la gouvernance locale, le renforcement des compétences des élus et des équipes administratives ainsi que le contrôle de l’exécution des dépenses constituent également des conditions essentielles pour obtenir des résultats durables.

 13,5 milliards FCFA, un nouvel espoir pour le développement des territoires

La prévision de 13,5 milliards FCFA en faveur des collectivités territoriales dans le projet de budget 2027 traduit la volonté de poursuivre l’accompagnement financier des communes et des régions togolaises.

À travers le FACT, cette enveloppe pourrait contribuer à accélérer la réalisation d’infrastructures, à améliorer les services de proximité et à soutenir les initiatives de développement local.

Toutefois, l’efficacité de cet investissement dépendra autant de la disponibilité effective des ressources que de leur répartition équitable et de leur utilisation transparente.

Pour les populations, l’attente est désormais tournée vers les résultats concrets : des infrastructures de meilleure qualité, des services publics plus accessibles et des conditions de vie améliorées.

L’enjeu ne sera donc pas seulement de mobiliser 13,5 milliards FCFA, mais surtout de transformer ces ressources publiques en réalisations visibles et durables dans les 117 communes et les cinq régions du Togo.

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