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Togo/IA: jusqu’à 262 millions de dollars de gain potentiel

Togo/IA: jusqu’à 262 millions de dollars de gain potentiel

L’intelligence artificielle (IA) pourrait devenir un nouveau moteur de croissance pour le Togo. Selon l’Indice Ayre 2026, les retombées économiques potentielles de cette technologie pourraient atteindre 172 millions de dollars en dix ans, dans un scénario intermédiaire. Toutefois, pour transformer cette perspective en réalité, le pays devra relever plusieurs défis liés au coût d’Internet, à la formation des jeunes et à la fiabilité des connexions numériques.

Publié le 5 novembre 2026 en marge du sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth à Antigua-et-Barbuda, le rapport met en évidence les possibilités offertes par l’IA, mais aussi les difficultés qui empêchent encore une partie de la jeunesse togolaise d’en profiter pleinement.

L’Indice Ayre 2026 : le Togo classé 37e sur 56 pays

L’Indice Ayre évalue la capacité des jeunes à se préparer aux transformations liées à l’intelligence artificielle dans les 56 pays membres du Commonwealth. Il s’intéresse notamment à l’accès aux technologies, aux compétences numériques, à l’éducation et aux possibilités d’utilisation concrète de l’IA.

Dans ce classement, le Togo obtient 42,6 points sur 100, ce qui le place à la 37e position. Ce résultat reste inférieur au seuil de préparation fixé à 53 points, atteint par seulement 15 pays étudiés.

Ce classement montre que le pays dispose encore d’une marge de progression importante. Même si les infrastructures numériques se développent, leur présence ne garantit pas que les jeunes possèdent les moyens financiers, les connaissances et les outils nécessaires pour utiliser efficacement l’intelligence artificielle.

Pour le Togo, l’enjeu est donc de passer d’un accès théorique aux nouvelles technologies à une utilisation capable de favoriser l’apprentissage, l’emploi et la création d’entreprises.

Jusqu’à 262 millions de dollars de retombées économiques possibles

L’un des principaux enseignements de l’étude concerne les gains économiques que l’intelligence artificielle pourrait générer au cours de la prochaine décennie.

Les chercheurs ont appliqué différents scénarios inspirés des projections du Fonds monétaire international (FMI) afin d’estimer les effets potentiels de l’IA sur l’économie togolaise.

Scénario envisagéGain économique potentiel
Scénario prudent83 millions de dollars
Scénario intermédiaire172 millions de dollars
Scénario optimiste262 millions de dollars

Ces montants représentent des estimations de l’augmentation possible du niveau du produit intérieur brut (PIB) au bout de dix ans. Ils ne correspondent ni à des recettes déjà acquises par l’État ni à une garantie de croissance.

Pour que ces perspectives se concrétisent, plusieurs conditions devront être réunies. Les entreprises devront notamment pouvoir adopter des outils d’IA, les travailleurs devront acquérir de nouvelles compétences et les jeunes entrepreneurs devront disposer d’un environnement favorable à l’innovation.

L’intelligence artificielle pourrait ainsi contribuer à améliorer la productivité, à réduire certaines tâches répétitives et à faciliter le développement de nouveaux services. Mais son impact dépendra surtout de la capacité du pays à rendre ces outils accessibles au plus grand nombre.

Internet au Togo : un paradoxe qui freine le développement de l’IA

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Le Togo possède déjà un avantage important : la couverture du réseau mobile 4G atteint 99,7 % de la population, selon les données reprises dans l’Indice Ayre. Pourtant, seulement 44,9 % des jeunes concernés par l’étude déclarent utiliser Internet.

Cette différence entre la couverture du réseau et son utilisation réelle révèle les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux jeunes.

Le prix des données mobiles reste trop élevé

Le coût de la connexion constitue l’un des principaux obstacles à l’inclusion numérique. Selon l’étude, les dépenses liées aux données mobiles représentent environ 9,46 % du revenu mensuel moyen au Togo.

La situation est encore plus difficile pour les populations les moins favorisées. Pour les 40 % de personnes ayant les revenus les plus faibles, ces dépenses dépassent un cinquième des revenus mensuels.

Dans ces conditions, suivre régulièrement des formations en ligne, tester des applications d’intelligence artificielle ou travailler sur des projets numériques peut devenir difficile.

Les jeunes entrepreneurs sont particulièrement concernés. Sans connexion abordable, ils risquent de rencontrer des difficultés pour gérer leurs activités, rechercher des clients, automatiser certaines tâches ou accéder à des marchés situés en dehors du Togo.

Les interruptions de connexion pénalisent aussi les entreprises

Le prix d’Internet n’est pas le seul problème soulevé par le rapport. La stabilité de la connexion représente également un défi pour le développement des activités numériques.

Près de 74,4 % des entreprises interrogées signalent des interruptions de connexion, selon les données relayées par les médias.

Or, l’utilisation professionnelle de l’intelligence artificielle nécessite souvent un accès régulier aux plateformes en ligne, aux logiciels et aux services hébergés sur Internet.

Une connexion instable peut ralentir le travail, perturber les échanges avec les clients et réduire les gains de productivité attendus. Pour tirer pleinement parti de l’IA, le Togo devra donc améliorer non seulement la couverture numérique, mais aussi la qualité et l’accessibilité des services.

Éducation et formation : un autre défi pour la jeunesse togolaise

L’accès aux technologies ne suffit pas pour maîtriser l’intelligence artificielle. Il faut également apprendre à utiliser ces outils, à vérifier leurs résultats et à comprendre leurs limites.

Sur le volet de l’éducation et de la formation, le Togo obtient seulement 2,5 points sur 10 dans l’évaluation présentée par l’Indice Ayre. Le rapport souligne notamment le manque d’enseignants formés et la place encore limitée accordée à l’informatique dans les programmes éducatifs.

Cette situation soulève une question essentielle : comment préparer les élèves et les étudiants aux métiers de demain si les compétences numériques ne sont pas suffisamment développées dès leur parcours scolaire ?

Pour améliorer la préparation des jeunes, plusieurs efforts pourraient être nécessaires :

  • renforcer la formation des enseignants aux outils numériques et à l’intelligence artificielle ;
  • intégrer progressivement des compétences pratiques en IA dans les programmes scolaires et professionnels ;
  • multiplier les ateliers, les laboratoires informatiques et les formations accessibles aux jeunes ;
  • apprendre aux élèves à vérifier les informations produites par l’IA et à protéger leurs données personnelles ;
  • rapprocher les formations des besoins réels des entreprises et du marché du travail.

L’objectif ne doit pas simplement être d’apprendre aux jeunes à utiliser un assistant conversationnel. Il s’agit aussi de leur permettre de développer des solutions, de résoudre des problèmes concrets et de mieux se préparer aux évolutions du monde professionnel.

« Voix du Togo » : l’IA au service des langues nationales

Togo Tests AI Platform to Make Public Services Available in Local Languages  – Togo First

togofirst.com

Malgré les difficultés identifiées, le Togo a déjà engagé plusieurs initiatives pour renforcer ses capacités dans le domaine du numérique.

Parmi elles figure le programme « Voix du Togo », dont les premiers tests ont été lancés en septembre 2026, selon les informations rapportées. Ce projet vise à développer des outils d’intelligence artificielle capables de comprendre et de traiter des langues nationales, notamment l’éwé, le kabiyè et le moba, avec l’ambition d’étendre ensuite le dispositif à une cinquantaine de langues.

Cette initiative présente un intérêt particulier pour l’inclusion numérique. De nombreux outils d’IA sont principalement conçus pour les langues les plus utilisées sur Internet. Les personnes qui maîtrisent peu le français ou l’anglais peuvent donc rencontrer davantage de difficultés pour accéder à certains services numériques.

Des solutions adaptées aux langues locales pourraient faciliter plusieurs usages :

  • L’éducation : permettre aux élèves de mieux comprendre certaines notions grâce à des outils linguistiques adaptés.
  • Les services publics : faciliter l’accès à l’information pour les citoyens.
  • L’entrepreneuriat : développer des applications destinées aux commerçants, artisans et petites entreprises.
  • La culture : contribuer à la préservation et à la valorisation du patrimoine linguistique togolais.

Toutefois, le succès d’un tel programme dépendra de la qualité des données linguistiques, de la précision des outils et de leur accessibilité pour les populations concernées.

Le gouvernement prépare également de nouveaux laboratoires d’innovation pédagogique et forme 101 spécialistes destinés à accompagner leur fonctionnement. D’autres initiatives visent à introduire l’intelligence artificielle dans l’enseignement technique et professionnel.

Ces mesures pourraient contribuer à créer un environnement plus favorable à l’apprentissage et à l’innovation, à condition qu’elles s’accompagnent de moyens suffisants et d’une mise en œuvre durable.

L’intelligence artificielle, une opportunité pour les jeunes entrepreneurs

Le potentiel économique de l’IA concerne aussi directement l’entrepreneuriat. Au Togo, de nombreux jeunes se lancent dans les affaires pour créer leur propre activité, parfois parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi salarié.

Selon une enquête de 2022 citée dans le rapport, 24,7 % des Togolais âgés de 18 à 29 ans créaient ou dirigeaient une jeune entreprise. Parmi ces jeunes entrepreneurs, 83,9 % indiquaient que le manque d’emplois faisait partie de leurs motivations.

Ces chiffres montrent que l’entrepreneuriat constitue une voie importante pour accéder à des revenus. Cependant, créer une entreprise ne garantit pas sa rentabilité ni sa pérennité.

L’intelligence artificielle pourrait apporter de nouvelles solutions, notamment aux petites entreprises qui disposent de moyens limités.

Comment l’IA peut-elle aider les entrepreneurs togolais ?

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  1. Développer le commerce en ligne

Les commerçants peuvent utiliser l’IA pour préparer des descriptions de produits, rédiger des publications publicitaires, répondre à certaines questions des clients et améliorer leur communication.

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  1. Créer de nouvelles activités numériques

La rédaction web, la création de contenus, la traduction, l’assistance virtuelle et la conception de solutions numériques sont autant de domaines dans lesquels les compétences en IA peuvent soutenir une activité professionnelle.

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  1. Améliorer la productivité des entreprises

Certaines tâches administratives, la préparation de documents ou l’analyse de données peuvent être facilitées par des outils d’IA. Les entrepreneurs peuvent ainsi consacrer davantage de temps à leurs clients et au développement de leurs activités.

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  1. Développer des solutions adaptées au marché local

Les jeunes développeurs peuvent concevoir des applications répondant aux besoins des commerçants, des agriculteurs, des établissements scolaires ou des petites entreprises togolaises.

Cependant, l’IA ne constitue pas une solution automatique au chômage. Pour en tirer des revenus durables, les jeunes auront besoin de compétences, d’une bonne connaissance du marché, d’un accès aux outils numériques et, dans certains cas, de financements.

Cinq priorités pour permettre au Togo de profiter de l’IA

Pour transformer le potentiel économique annoncé en résultats concrets, plusieurs chantiers méritent une attention particulière. L’Ayre Think Tank met notamment l’accent sur l’accès aux technologies, l’éducation, l’emploi, les solutions adaptées aux réalités locales et les garanties nécessaires face aux décisions automatisées.

Voici les principales priorités qui se dégagent de cette analyse.

  1. Rendre Internet plus accessible. La réduction du coût des données mobiles permettrait à davantage de jeunes d’accéder aux formations, aux logiciels et aux services d’IA.
  2. Renforcer la formation numérique. Les établissements scolaires et les centres de formation doivent aider les jeunes à acquérir des compétences pratiques, et pas uniquement des connaissances théoriques.
  3. Faciliter le passage de la formation à l’emploi. Les partenariats entre écoles, universités et entreprises pourraient favoriser les stages, l’apprentissage et l’insertion professionnelle.
  4. Soutenir l’innovation locale. Le financement, le mentorat et l’accompagnement des jeunes entreprises pourraient encourager le développement de solutions répondant aux besoins du marché togolais.
  5. Garantir une utilisation responsable de l’intelligence artificielle. Les utilisateurs doivent pouvoir comprendre les limites des outils, protéger leurs données personnelles et contester les décisions automatisées lorsqu’elles les concernent.

Ces priorités sont complémentaires. Former des milliers de jeunes à l’IA aura un impact limité si ceux-ci ne disposent pas d’une connexion abordable ou si les entreprises ne peuvent pas leur proposer des débouchés professionnels.

Le Togo peut-il transformer l’IA en moteur de croissance ?

L’intelligence artificielle représente une opportunité importante pour l’économie togolaise. Selon l’Indice Ayre 2026, les gains potentiels pourraient atteindre 172 millions de dollars en dix ans dans le scénario intermédiaire, avec une fourchette allant de 83 à 262 millions de dollars selon les hypothèses retenues.

Néanmoins, le classement du Togo, son score de 42,6 sur 100 et les difficultés liées au coût d’Internet et à la formation montrent que plusieurs efforts restent nécessaires.

Les initiatives comme « Voix du Togo », la formation de spécialistes et le développement de laboratoires pédagogiques constituent des pistes intéressantes. Leur impact dépendra de leur capacité à atteindre les jeunes, à renforcer les compétences et à favoriser la création d’activités économiques.

Le véritable défi du Togo n’est donc pas seulement d’adopter l’intelligence artificielle, mais de permettre à sa jeunesse de l’utiliser pour apprendre, entreprendre, innover et créer des emplois. C’est à cette condition que les projections économiques pourront éventuellement se traduire par des bénéfices concrets pour les populations.

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